Éric Gagné: « Le talent ne s'injecte pas »
(98,5 Sports) - Plus de deux ans après avoir effectué son dernier lancer dans les Ligues majeures, Éric Gagné a procédé au lancement de sa biographie, mardi, à Québec.
On en parle en ondes :
Écrit par son bon ami, le journaliste Martin Leclerc, le livre « Game Over » relate la carrière du vainqueur du Cy Young, de ses débuts à Mascouche, en passant par Oklahoma, la gloire à Los Angeles, puis sa descente aux enfers.
Parmi ses regrets, évidemment, on retrouve sa consommation d'hormones de croissance. Le Mascouchois estime qu'il a peut-être raccourci sa carrière de « quatre, cinq ou six ans » en consommant ces substances populaires à l'époque.
« Je vais toujours avoir ce sentiment de culpabilité. Je l’ai eu dès le jour 1 et je l’ai encore. Est-ce que je changerais quelque chose? Oui, comme tout le monde dans leur vie. Je ne reprendrais jamais des hormones, j’étais dans ma bulle. C’était autre chose. On ne peut pas le savoir, mais les choses auraient pu être bien différentes.
Bien qu'il regrette cette décision, il persiste à dire qu'elle était motivée par une seule prémisce. « Je n’ai pas pris ça pour être meilleur, mais pour rester en forme. Le talent, ça ne s'injecte pas», tranche le Québécois.
«J’avais souvent des blessures et on me payait beaucoup d’argent. J’avais un devoir envers mon équipe et mes partisans. Je lançais presque tous les jours. Je voulais être en santé. »
Un livre qui lui fait du bien
L'athlète semble, avec ce livre, vouloir faire la paix avec lui-même, mais également avec les partisans et tout le Québec.
« Je me suis dit que ce serait l’fun de partager cette histoire-là avec les gens. Ça faisait deux ans que j’y pensais, mais là, j’étais prêt. On me posait beaucoup de questions sur ma carrière, mes décisions, le rapport Mitchell. Martin, c’est l’un de mes meilleurs amis, alors je lui ai raconté mon histoire. »
Parmi les quatre équipes pour lesquelles il a oeuvré - les Dodgers, les Red Sox, les Rangers et Brewers -, c'est à Boston que son séjour a été le plus difficile tant personnellement que professionnellement. Et ce, même s'il y a remporté la Série mondiale. « Je me suis fait huer pendant un an », se rappelle-t-il.
Il garde toutefois une place bien spéciale pour les Dodgers de Los Angeles, où il a remporté le Cy Young, à l'âge de 27 ans, en 2003.
« C’était incroyable, surréel. J’étais une vedette, j’avais des passes-droit dans les bars, je ne faisais pas de file d’attente. J’étais le p'tit gars de Mascouche à Hollywood. C’était vraiment quelque chose. »
Pas de répercussions
Le droitier, aujourd'hui âgé de 36 ans, avoue également avoir publié ce livre pour rectifier le tir sur certaines questions. Il n'envisage cependant pas de répercussions, en Amérique du Nord et dans le monde du baseball, puisque le livre n'a apparemment rien d'un règlement de comptes.
« Il n'y a rien de nouveau sur le rapport Mitchell ou sur les stéroïdes, de toute façon, tout le monde est au courant. Moi, je n’ai plus rien à cacher. J’ai fait le livre pour parler de ma carrière, de mon cheminement, ce n’est pas seulement le baseball. Mais c’est aussi pour mes enfants, pour qu’ils aient une autre version de ce qui se trouve sur Google. »




