« Je me souviendrai toujours de mon premier match au Centre Bell » -D. Audette

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Donald Audette a marqué 260 buts dans sa carrière de 16 saisons, mais la malchance a fait qu’il a passé les pires années de sa carrière à Montréal. Audette a souffert d’une terrible lacération aux tendons d’un poignet… il n’a plus jamais été le même joueur. Même qu’aujourd’hui il regrette d’avoir tenté de revenir au jeu.
C’est dans une transaction qui envoyait Martin Rucinsky et Benoit Brunet à Dallas qu’Audette s’est retrouvé dans l’uniforme du CH. Shaun Van Allen passait lui aussi au tricolore.

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« Lorsque j’ai su la nouvelle, j’étais choqué. L’équipe venait tout juste de me faire signer un contrat à long terme et je croyais vraiment être à Dallas pour un bon bout de temps. (Bob Gainey était le directeur général des Stars à ce moment-là.) Mes enfants étaient déjà inscrits à l’école et tout, donc pour la famille ç’a été un choc. Mais au bout de quelques jours, j’étais heureux de me retrouver avec le Canadien. »

Lors de son premier match dans l’uniforme du Canadien, Audette se retrouve face à face avec son ancienne équipe, les Thrashers d’Atlanta.

« C’était spécial, pour tout québécois qui rêvait de jouer pour le Canadien c’est un moment inoubliable. On était à Atlanta dont j’étais en zone familière. J’ai été bien accueilli. Je me souviendrai toujours de mon premier match au Centre Bell. On avait gagné 4-2 face aux Capitals. Ça avait été une de mes meilleures parties à vie. Le feeling que j’ai ressenti lorsque les partisans m’ont accueilli pour la première fois, je ne l’oublierai jamais. Puis après le match, j’étais sur le point de contacter ma femme à Dallas, elle qui était demeuré là-bas et tout d’un coup j’ai vu mon petit bout de chou entrer dans la chambre lorsque les portes du vestiaire se sont ouvertes. Pierre Boivin avait fait venir ma famille à Montréal sans me le dire. Ça avait été une grosse surprise et quelque chose de spécial. »

Malheureusement pour Audette, il subit une lacération sérieuse au poignet. Il quitte la glace le bras ensanglanté pour ne jamais plus retrouver sa forme d’entrant.

« Les gens ne se rendent pas compte ce que j’ai passé avec cette blessure-là. Ç’a été le pire moment de ma carrière, un moment qui m’a vraiment marqué surtout sur le point de vu psychologique. Tu ne peux pas vraiment te remettre d’un tel incident. Une chance que j’ai retraité au banc rapidement sinon je ne sais pas si je serais ici aujourd’hui. »

Audette a quitté le Canadien en 2003-04 n’ayant marqué que 15 buts en trois campagnes. Il terminera l’année en Floride avant d’annoncer sa retraite.

« Tu veux laisser une trace partout où tu passes, mais c’est sûr que si je pouvais revenir en arrière, je prendrais des décisions différentes. Je ne serais probablement pas revenu au jeu après ma blessure. Je marquais à peu près au triple du rythme avant ma blessure. J’ai quand même tout donné en série et ça avait bien fonctionné et ça m’a convaincu de revenir l’année suivante, mais je me rendais compte que ça ne fonctionnait plus et la frustration s’est emparée de moi. »

Lors de la saison 2001-02, le Canadien avait plus ou moins de munitions intéressantes en attaque. D’ailleurs, c’est Yanic Perreault qui avait terminé la saison au sommet des marqueurs chez le Canadien avec 56 points. Les attentes étaient donc très hautes pour un québécois qui était reconnu pour marquer des buts.

« Je ne crois pas que la pression était trop forte. Je n’étais plus un jeune joueur. À l’âge que j’avais et avec mon expérience, j’ai bien été capable de gérer la pression. Je crois que c’était un peu de ma faute si j’étais critiqué, je n’étais pas à 100% et les gens s’attendaient à ce que je livre la marchandise. C’est pour ça que je dis que je n’aurais probablement pas dû revenir au jeu. Je ne pense pas que la pression est plus énorme ici. Je crois que le fait que tous tes gestes sont épiés, c’est ça qui fait que c’est tannant. Ailleurs, tu es plus libre de vivre. »

Même si ses meilleures saisons ont été ailleurs qu’à Montréal, Audette se dit chanceux d’avoir pu se retrouver à Montréal pour une petite partie de sa carrière.

« Je suis vraiment chanceux d’avoir fait partie de cette organisation de première classe. Tout ce dont tu as besoin ils te le donnent, tout ce qu’ils demandent en retour c’est que tu donnes ton 100% sur la glace. Le seul aspect dont j’ai des regrets c’est que j’aurais vraiment aimé pouvoir jouer mes 3 années à Montréal en santé, les chiffres auraient été différents, ça c’est sûr. »

Jeremy Filosa / CKAC Sports

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