Sergio Momesso était un des premiers Montréalais nés de parents immigrants à percer l’alignement du Canadien de Montréal. Naturellement, pour la communauté italienne de Montréal, qui s’était rangé il y a longtemps derrière le Canadien, Momesso était un héros.
Repêché 27ieme au total par le tricolore en 1983, Momesso, qui était une machine offensive, a fait ses débuts avec le tricolore en 1984. Il retourne ensuite dans les mineurs pour être nommé joueur de l’année dans la LHJMQ avec des saisons de 130 et 146 points avec les Cataractes. C’est finalement en 1985 qu’il prend vraiment sa place avec le Canadien.
« La journée où j’ai été repêché par le Canadien a été une journée extrêmement spéciale pour moi et ma famille. Surtout pour mon père qui avait joué au soccer professionnel en Italie. Maintenant, il me voyait atteindre les plus hauts sommets du monde du hockey et à Montréal de surcroît. Tu travailles toute ta vie pour te rendre là . Il était très fier de moi.»
Lors de sa première saison complète avec le Canadien, Momesso a été victime d’une blessure qui l’a forcé à rater le reste de la saison. Même si cette année-là , Momesso n’a pas pu participer aux séries, le Canadien lui a quand même remis une bague de la coupe Stanley, bague qui a plus tard été volée en 2008.
« J’arrive finalement avec le grand club, je connais un bon début de saison et là je subis une blessure grave. Ç’a été des moments extrêmement difficiles à vivre pour moi. À un moment donné je n’étais même pas certain que mon genou me permettrait un jour de revenir au jeu. Finalement, l’équipe a gagné la coupe cette année-là . J’ai eu une autre chance de gagner la coupe à Vancouver, mais nous nous sommes inclinés en 7 matchs face aux Rangers en finale. Je dois dire que j’ai probablement joué mon meilleur hockey à ce moment-là . Lorsque je vois des finales au football au hockey ou au baseball, je revis ‘le trip’ que j’ai vécu à ce moment-là .»
Pour Momesso, Bob Gainey et Larry Robinson étaient les joueurs qui avaient le plus d’influence dans le vestiaire du Canadien.
« Ces gars-là étaient des hommes vrais. Même plusieurs années plus tard ils ne se prennent pas pour d’autres lorsque tu les rencontres. J’ai beaucoup écouté leurs conseils. Aujourd’hui je tente de parler aux jeunes comme ces gars-là ont fait pour moi. »
En 1988, le Canadien avait perdu espoir de voir Momesso devenir un joueur élite de la ligue nationale, probablement à cause de ses blessures. Ils l’envoient à St-Louis en compagnie de Vincent Riendeau en retour de Jocelyn Lemieux et un 2ieme choix au repêchage (Patrice Brisebois).
« En fait, je crois que lorsque le Canadien m’a échangé, ils croyaient que mon genou ne me permettrait plus de jouer au plus haut niveau. Mon frère a réussi à me rejoindre alors que j’étais sur un terrain de golf pour m’annoncer la nouvelle. J’étais déçu, car c’était la première fois que j’étais échangé, je crois que la première fois ça arrive comme un choque. À St-Louis on n’avait pas une très forte équipe, mais j’ai quand même aimé mes années là -bas. On m’a utilisé sur le premier trio avec Brett Hull et Adam Oates. J’ai connu ma meilleure saison à vie sur ce trio là .»
Aujourd’hui Momesso participe à plusieurs matchs des anciens dans le but de recueillir des fonds pour les enfants malades.
« Je crois que Pierre Boivin et Réjean Houle veulent que les anciens sentent qu’ils font partie d’une famille. Même si tu n’as joué que quelques matchs avec le Canadien, tu es toujours le bienvenu. Aujourd’hui j’emmène mes enfants au Centre Bell voir le Canadien. »
Plus de 20 ans après son passage dans l’uniforme du Canadien, les gens se souviennent encore du jeune Italo-québécois qui avait gagné la coupe Stanley avec le Canadien en 1986, surtout les autres Italiens de la communauté montréalaise.
« Lorsque je jouais pour le Canadien je ne pensais pas à ça, mais c’est lorsque j’ai été échangé à St-Louis et que je revenais à Montréal que j’ai remarqué à quel point la communauté italienne était fière d’avoir vu un des leurs porter l’uniforme du CH. C’est vraiment là que j’ai réalisé ce que c’était pour les Italiens de Montréal de m’avoir vu jouer pour le Canadien. Même aujourd’hui, mes amis et leurs parents me disent encore à quel point ils étaient fiers de me voir aller lorsque je jouais à Montréal. »
Aujourd’hui Momesso travaille dans le département du développement des joueurs chez le Canadien. Le restaurant ‘Momesso’ qui appartient à son père dans le quartier NDG est toujours décoré par des photos du petit Sergio dans l’uniforme du Canadien.
Jeremy Filosa / CKAC Sports



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