« J’ai pleuré dans les bras de mon frère Claude quand j’ai été échangé. » -J. Lemieux

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Un peu comme les frères Lebeau, les frères Lemieux ont eu la chance de jouer ensemble, à Montréal, pendant une très courte période de temps. Jocelyn et Claude Lemieux ont évolué ensemble pour le Canadien le temps de 35 matchs (1988-89 et 1989-90). En réalité, une blessure à Claude a fait que leur temps ensemble sur la patinoire a été encore plus court. C’est dans une transaction avec les Blues de St-Louis que Jocelyn s’est retrouvé avec le Canadien. Darrell May et un 2e choix (Patrice Brisebois) prenaient aussi le chemin de Montréal. Sergio Momesso et Vincent Riendeau s’en allaient à St-Louis.

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« La transaction a eu lieu durant l’été ’88. Le prof Caron m’avait téléphoné pour me le dire. Il y avait des rumeurs qui circulaient à mon égard. De jouer pour le Canadien, mais plus précisément, de jouer avec mon frère, c’était un rêve, car on n’avait jamais eu la chance de jouer ensemble auparavant. C’est évident qu’il était heureux pour moi. Je me souviens que moi et Claude on jouait avec Bobby Smith. Pat Burns nous appelait la ligne des avocats…Smith-Lemieux & Lemieux. C’était incroyable pour ma famille de voir les deux frères ensemble. Dommage que ça n’a pas duré plus longtemps.»

Comparativement à St-Louis, Lemieux a immédiatement reconnu la pression qui venait avec l’emploi.

« Disons qu’à St-Louis c’était plutôt tranquille de ce côté-là. J’ai toujours été reconnu comme le frère de l’autre et en compagnie de Bobby Smith, j’avais de la pression sur les épaules. Quand tu joues pour l’équipe que tu as regardée en grandissant et que tu joues avec ton frère, la pression est beaucoup plus présente. Juste le fait d’être ici à Montréal et de voir les anciens qui sont omniprésents autour de l’équipe, ça ajoute à l’expérience de jouer pour le Canadien. »

Bob Gainey est un des joueurs qui a le plus marqué Lemieux.

« Je crois que ce genre de joueur représente exactement ce qu’est un capitaine. On ne parle pas ici d’un joueur de concession, mais un vrai leader. Les gars comme Bobby Smith et Larry Robinson ont pris la peine d’apprendre le français, ça prend des hommes remarquables pour faire ça. Ces gars-là se sont aussi très bien incorporés dans la communauté. Ça n’existe plus aujourd’hui. »

Durant le temps des fêtes en 1989, Lemieux passe aux Blackhawks de Chicago.

« C’est Pat Burns qui est venu me l’annoncer. Plusieurs joueurs dont mon frère revenait de blessures. Avec leurs retours, des décisions devaient être prises. J’étais au courant que Mike Keanan tentait de faire mon acquisition. Je savais que Chicago serait une bonne destination pour moi. Ç’a été émotif, les émotions étaient quand même assez fortes. Je me souviens même de m’être retrouvé dans les bras de Claude et je pleurais, car c’était difficile. J’avais plusieurs amis dans ce vestiaire-là. À ce moment-là je me suis dit que mon rêve de jouer avec mon frère serait retardé, car à Montréal on n’a vraiment pas eu le temps de jouer ensemble assez longtemps. C’est comme un rêve qui avait été effacé. »

Après sa carrière, Lemieux ne s’est pas ennuyé du hockey comme il pensait s’en ennuyer.

« Tous les amphithéâtres mythiques sont disparus. Le vieux Chicago Stadium, le Boston Garden et le Forum n’existent plus. Je me sens privilégié d’avoir pu évoluer pour deux équipes originales et d’avoir pu évoluer dans ces amphithéâtres. »

Selon Lemieux, tous les francophones devraient pouvoir vivre le sentiment de pouvoir jouer pour le Canadien.

« C’est le test ultime. Je crois que ceux qui refusent de venir font une erreur. Les difficultés que tu peux passer à Montréal ne vont que te rendre plus fort pour l’avenir. Que ce soit du côté médiatique ou côté popularité. Je crois que certains joueurs doivent seulement être mieux entourés et encadrés pour pouvoir vivre avec les pressions médiatiques. Un ancien joueur pourrait jouer ce rôle selon moi. Je crois que pour le Canadien ça ne peut qu’être bon de pouvoir compter sur ce genre de personne qui peut offrir un soutien hors glace pour les jeunes joueurs.»

Jeremy Filosa / CKAC Sports

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