Monter une équipe sans convention collective, un non-sens

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Le 1er juillet arrive à grands pas et les amateurs de hockey attendent avec impatience l'ouverture du marché des joueurs autonomes. Le Canadien fera-t-il un grand coup? Où se retrouvera Zach Parise? Quelle équipe fera le plus souvent les manchettes cet été?

Tout ça, c'est bien intéressant, il n'y a personne qui aime tout ce qui entoure «la game» comme moi. Le problème, c'est que je me place dans les souliers d'un directeur général de la LNH et j'ai de la difficulté à me faire une tête sur le plan de match à adopter.

Le plafond salarial doit atteindre 70 millions $ la saison prochaine avec un plancher évalué à plus de 54 millions. Le problème c'est que personne ne peut dire avec certitude que le plafond et le plancher existeront encore dans la nouvelle convention collective. Et si les règles du jeu changeaient dramatiquement? Il me semble très irresponsable de se lancer dans des dépenses majeures qui pourraient être nuisibles dans un nouveau système.

Prenons l'exemple de Scott Gomez avec le Canadien. Si la convention collective ne se terminait pas à l'automne, le Tricolore pourrait décider de racheter ou non son contrat, connaissant très bien le prix à payer. Montréal peut racheter son contrat pour 2/3 du salaire, étalé sur le double des années. Mais si le tricolore opte pour cette solution et que dans la nouvelle entente collective, le même règlement passe de 2/3 à 1/2, le Canadien aura perdu sur toute la ligne.

Lors de la dernière convention collective de la NBA, chaque équipe a obtenu le droit d'effacer complètement de sa masse, le salaire d'un joueur qu'on a décidé de racheter. Si ce même droit faisait partie de la nouvelle convention de la LNH, le Canadien serait fou d'écrire un chèque à Gomez cette semaine. Le problème c'est qu'il n'y a personne qui le sait.

Qu'arrivera-t-il si Donald Fehr arrive à forcer les propriétaires à faire tomber le plafond salarial? Les règles du jeu auront dramatiquement changé, et ce, même si la grande majorité des décisions de chaque équipe auront déjà été prises.

Certains disent que les propriétaires s'apprêtent à proposer un plafond salarial beaucoup plus bas que celui actuellement en place. Si les gouverneurs tiennent leur bout et arrivent à faire diminuer considérablement le plafond, que feront les équipes qui ont déjà promis des dizaines de millions de dollars à leurs joueurs? Honnêtement, ça sentirait le recours collectif dans un scénario sans précédent. La Ligue nationale nagerait dans l'incertitude absolue.

Si vous pensez que ça ne pourrait pas arriver, détrompez-vous. Donald Fehr était à la tête de l'Association des joueurs du baseball majeur lorsque celle-ci a poursuivi le baseball majeur pour collusion. Ils ont remporté leur cause et soutiré plus de 269 millions $ provenant directement de la poche des propriétaires.

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Certains semblent plus positifs qu'il y a sept ans, mais personnellement, je n'y crois pas. Fehr est un négociateur féroce qui ne donne rien pour rien. Je ne dis pas qu'on risque de passer une autre année sans hockey, mais je prévois que la saison ne débutera pas à temps. Avec Fehr à la tête de l'AJLNH tout peut arriver. Alors je pose à nouveau la question : comment les directeurs généraux peuvent-ils aujourd'hui bâtir leur équipe ne sachant pas du tout quelles seront les nouvelles règles du jeu? Selon moi, c'est un non-sens.

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Si le plafond salariale descend, la LNH va sûrement imposé un "rollback" sur le salaire des joueurs comme c'est prévu actuellement dnas la convention collective. Alors je ne crois pas que ce soit un problème.

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