Impact-Dallas : ce qu'il faut retenir en 10 GIFs

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Que faut-il retenir de cette victoire de l'Impact de Montr√©al contre le FC Dallas, samedi dernier ? Plusieurs choses. Malgr√© le coup de mou physique (d√Ľ aux efforts d√©ploy√©s en Ligue des champions) et la f√©brilit√© affich√©e en fin de rencontre, ces trois points font un bien fou aux Montr√©alais. Non seulement cela prouve qu'IMFC est capable de rivaliser avec les meilleurs de cette ligue, mais cela met en plus le club sur la bonne voie : celle des s√©ries. Toutefois, il reste un match avant de dire "Mission accomplie" et de dresser un bilan tr√®s positif de ce mois de mai qui aura √©t√© crucial pour le bleu-blanc-noir. √Ä Chicago, l'Impact jouera pour gagner et recoller avec leurs adversaires au classement.

S'il remporte un troisi√®me succ√®s de suite, IMFC r√©alisera sa meilleure s√©rie en MLS depuis son fabuleux d√©but de saison 2013 - une s√©quence durant laquelle les hommes de Marco Schallibaum avaient successivement battus les Sounders de Seattle, les Timbers de Portland, le Toronto FC et les Red Bulls de New York. Mais d√©j√†, en l'espace de deux matchs, cette √©quipe a montr√© qu'elle avait du talent et du caract√®re √† revendre. Et de la profondeur ! Tout cela est bon signe, d'autant que certaines relations techniques sont en train de na√ģtre sur le terrain, notamment celle entre Nacho Piatti (qui prend du mieux, ces temps-ci) et Jack McInerney, qui a fait taire les critiques (notez le doigt devant sa bouche lors de sa c√©l√©bration) avec un nouveau but, son cinqui√®me de la saison.

Le #99 est tr√®s discret dans un 4-2-3-1 et il ne fait pas beaucoup travailler les d√©fenses adverses, mais il est pr√©cieux en d√©crochage et finit souvent par trouver l'espace n√©cessaire pour faire trembler les filets. Si en plus il √©tait mis dans de bonnes conditions psychologiques par le personnel d'entra√ģneurs...

Allez, passons aux choses sérieuses. Voici ce que j'ai retenu du match :

Cette perc√©e de Piatti, qui r√©siste √† trois joueurs, sort un ¬ępetit pont¬Ľ et... rate le cadre :

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Cette réponse du tac au tac de Diaz, l'autre grand #10 du match, et cet arrêt de Bush :

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Cette course de Castillo, qui dépose Donadel et Soumaré :

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Ce ¬ęgrand pont¬Ľ de Romero et cette d√©cision de l'arbitre assistant, qui a bien suivi l'action :

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Ce coup de malice de Soumaré, qui répare son erreur en se sacrifiant pour l'équipe :

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Cette ouverture millimétrée de Romero:

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Cette célébration réjouissante :

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Ce ¬ęune-deux-trois¬Ľ dans le camp de Dallas, avec un Oyongo incisif :

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Cette ¬ęroulette¬Ľ d'Akindele qui fait mal √† Duka :

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Cet arrêt majestueux de Bush, qui assure la victoire à son équipe :

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Plus de détails dans cette conversation avec Jérémie Rainville autour du match : cliquez ici pour l'écouter.


Impact : en hausse, en baisse, en question #3

Pour suivre l'Impact de Montr√©al version 2015, il est n√©cessaire d'aimer les montagnes russes. Car les hauts et les bas s'encha√ģnent rapidement, et on passe par toute la gamme des sentiments.

C'est justement parce que cette équipe en est une d'émotions que le format particulier des coupes lui sied si bien. Que ce soit en Ligue des champions ou en Championnat canadien, IMFC a su aller marquer ces buts cruciaux qui les fuient en MLS, tout en affichant un caractère - à défaut d'une réelle cohésion - qui lui a permis de franchir les obstacles.

Mais pour avoir le droit de sprinter vers la Coupe de la MLS dans ces matchs couperets qu'il affectionne, le bleu-blanc-noir devra apprendre √† courir le marathon de la saison r√©guli√®re. Le personnel d'entra√ģneurs doit insuffler au vestiaire la motivation, la gnaque, l'esprit de gagne qui pousseraient les joueurs √† se d√©passer pour accumuler les points, semaine apr√®s semaine.

Car on l'oublie souvent au printemps, et on finit par s'en mordre les doigts l'automne venu : la qualification pour les s√©ries se joue toujours √† un ou deux points pr√®s. L'Impact se doit donc de d√©bloquer rapidement son compteur. Cet effectif a l'exp√©rience et le talent pour aller chercher une place en s√©ries, surtout dans une association Est o√Ļ six des 10 √©quipes auront l'opportunit√© de valider leur billet pour l'apr√®s-saison et o√Ļ les deux √©quipes d'expansion (Orlando City et New York City) n'ont pas trouv√© la bonne carburation.

En plus du reste, Montr√©al a de la profondeur, et le club l'a d√©montr√© en demi-finale du Championnat canadien, contre le Toronto FC. En alignant des √©quipes hybrides lors des deux manches contre les Reds, Frank Klopas a donn√© du temps de jeu √† des joueurs qui en avaient besoin (Lef√®vre, Bernier, Alexander, Miller, Cooper) tout en s'appuyant sur un noyau d'exp√©rience (Ciman, Oduro). L'entra√ģneur a √©galement pu tester en cours de match d'autres sch√©mas tactiques, ce qui pourrait √™tre fort int√©ressant pour la suite des choses. On y reviendra.

Cette qualification, obtenue gr√Ęce √† une ma√ģtrise sans commune mesure de la r√®gle des buts √† l'ext√©rieur, est vraiment une bonne nouvelle pour l'Impact. Face √† la puissance d'Altidore, la pr√©cision de Giovinco et l'abattage de Bradley, les Montr√©alais ont su exploiter la na√Įvet√© et la f√©brilit√© de la d√©fense torontoise pour se donner la chance de revoir la Ligue des champions de la CONCACAF, √† l'horizon 2016. Apr√®s l'ivresse n√©e de sa r√©cente √©pop√©e continentale, lMFC ne peut pas se permettre de minimiser l'importance de cette perspective.

Allez, passons aux choses sérieuses.

EN HAUSSE : Dominic Oduro
Il a √©t√© le meilleur joueur de l'Impact dans la double confrontation contre le TFC. L'attaquant ghan√©en, amen√© √† Montr√©al pour √™tre un √©l√©ment de soutien sur le front de l'attaque, est devenu un rouage essentiel de l'√©quipe de Frank Klopas, gr√Ęce √† sa vitesse, sa disponibilit√© et sa polyvalence. C'est bien simple, toutes comp√©titions confondues, il est le joueur offensif le plus utilis√© cette saison (869 minutes), derri√®re Ignacio Piatti (910 minutes). Surtout, il est le joueur le plus d√©cisif du bleu-blanc-noir en 2015. Avec ses deux buts et ses quatre passes, il est impliqu√© dans six des 16 buts montr√©alais, soit une participation de 37,5 % √† l'attaque. Il devance ainsi l'Argentin (trois buts, deux passes ; 31,2 %) et Jack McInerney (quatre buts, une passe ; 31,2 %), ce dernier ayant tout bonnement marqu√© un quart des buts de l'Impact cette saison.

EN BAISSE : Ignacio Piatti
Ignacio Piatti est-il trop individualiste ? Intrins√®quement, non. Mais on va se le dire franchement : il fait des exc√®s d'individualisme. Et √ßa commence √† p√©naliser son club. La majorit√© du temps, il va s'emmener le ballon pour lui-m√™me plut√īt que tenter de bien servir un co√©quipier, m√™me quand celui-ci fait un appel de qualit√©. √áa devient pr√©visible. Depuis le d√©part de Marco Di Vaio, l'Argentin semble avoir le complexe du sauveur. Et il en est venu √† oublier l'essentiel : puisqu'il est le meilleur joueur de l'√©quipe, qui plus est un no 10, son r√īle doit √™tre de la faire mieux jouer. Surtout qu'√† y regarder de plus pr√®s, Piatti n'a marqu√©, cette saison, que trois buts : un penalty et deux tirs √† la suite de centres d'Oduro (o√Ļ tant√īt Cameron Porter, tant√īt Dilly Duka ont jou√© un r√īle de d√©stabilisation au premier poteau). Pas d'action individuelle ? Non, des jeux d'√©quipe ! Si l'effectif reste en l'√©tat, la saison de l'Impact se jouera sur la capacit√© de Piatti √† laisser le costume de super-h√©ros solitaire de c√īt√© afin de huiler le collectif, en v√©ritable d√©positaire du jeu.

EN QUESTION : les foutues deuxièmes mi-temps
Que dire qui n'a pas déjà été dit ? À force de rater ses deuxièmes périodes, l'Impact va finir par donner son nom à un comportement footballistique. Parlera-t-on du syndrome Impact ? J'exagère, mais les chiffres sont éloquents. Voici comment se répartissent les buts par quarts d'heure, cette saison, toutes compétitions confondues :

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Fascinant, n'est-ce pas ? L'Impact peut se féliciter de ses premières 45 minutes (neuf buts marqués, quatre encaissés), et notamment de ses entames de match. Mais après le retour des vestiaires, c'est la débandade. Pas moins de sept buts concédés entre le coup d'envoi de la deuxième mi-temps et la 60e minute ! Déconcentration, flottement, débauche d'énergie, perte de rythme, pression adverse... Les raisons sont multiples, mais le constat est là : l'Impact se saborde.

Au total, entre la 45e et la 90e, IMFC a c√©d√© 19 fois et n'a pu riposter qu'√† sept reprises. C'est dommage car cette √©quipe a la capacit√© de faire bloc, mais par manque de discipline tactique et de gestion du match, elle flanche. La deuxi√®me p√©riode face √† Am√©rica, au Stade olympique, l'a d'ailleurs illustr√©. Il faudra √™tre plus ¬ęfroid¬Ľ dans l'approche pour obtenir de bons r√©sultats en MLS : de bonnes premi√®res mi-temps comme l'Impact sait les jouer, et des deuxi√®mes p√©riodes plus rigoureuses et d√©fensives, o√Ļ l'on pourra toutefois faire entrer des joueurs de d√©s√©quilibre comme Andr√©s Romero ou Justin Mapp √† l'heure de jeu, quand l'intensit√© du match aura baiss√© d'un cran.

MENTION SP√ČCIALE : Patrice Bernier et Kenny Cooper
Apr√®s √™tre rest√© sur le banc lors des trois premiers matchs de la saison, Patrice Bernier a peu √† peu glan√© du temps de jeu. D'abord, des quarts d'heure par-ci, par l√† (Alajuelense, Orlando City), mais trop peu pour influer sur le cours du match et montrer qu'il √©tait une alternative aux chouchous de Frank Klopas : Nigel Reo-Coker et Marco Donadel. Puis, gr√Ęce √† la r√©p√©tition des matchs et la rotation qu'elle am√®ne, Bernier a align√© trois titularisations au cours des six derniers matchs (Houston, Toronto x2). Et l√†, on a vu. Qui osera dire que le capitaine n'apporte pas un r√©el plus au milieu ? Dans la conservation de balle, la gestion du tempo et le jeu de passes, il a √©t√© tr√®s pr√©cieux. Il doit gommer quelques impr√©cisions pr√®s de sa surface de r√©paration, certes, mais il a marqu√© de gros points. J'ai m√™me du mal √† me demander comment on peut se passer de lui dans le XI partant.

Pour terminer, je veux souligner la bonne entrée en matière de Kenny Cooper. Frappé par l'autre malédiction de l'Impact, il a quitté le terrain après à peine 30 minutes de jeu à Toronto. Suffisant, toutefois, pour nous laisser entrevoir son travail sur les défenses, son jeu dos au but, et sa capacité à gagner les duels aériens dans le dernier tiers du terrain. McInerney, qui l'a remplacé, a souffert de la comparaison ; il a été incapable de peser sur la défense et de combiner avec ses partenaires. S'il reste sur une bonne séquence (quatre buts à ses six derniers matchs), on sait que JackMac n'est pas à le plus à l'aise à la pointe d'un 4-2-3-1. Cooper, lui, a montré qu'il était une option plus que viable dans ce schéma. Mais sa blessure au genou pourrait être sérieuse...

On reparlera tactique dans mon prochain billet, en début de semaine.

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