Impact : la marmite a débordé

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Souvent, après une défaite concédée en fin de match ou devant une injustice criante, le coeur des partisans s'emballe. Viennent alors poindre tout un tas d'émotions, de frustrations et de rancoeurs.

Hier, c'est ce qui est arrivé. Des choses très négatives sont remontées à la surface après la défaite crève-coeur de l'Impact à Dallas. Des choses qui n'étaient pas apparues après les quatre autres défaites de l'équipe montréalaise jusqu'ici. Ainsi, Jesse Marsch a été remis en cause comme jamais auparavant, tout comme certains joueurs.

Comprenez moi bien, je ne dis pas que la limité a été dépassée, je pense plutôt qu'un seuil a été franchi. Celui de la découverte, de l'adaptation et des erreurs pardonnées. Désormais, tout ce qui est inhérent à l'expression "Il faut leur laisser du temps" ne semble plus avoir lieu d'être. L'Impact doit maintenant rendre des comptes.

Passons en revue les critiques entrevues hier soir :

L'Impact n'a pas de mental
Il est trop tôt pour traiter l'Impact comme le Canadien, qui s'est fait une spécialité cette saison de laisser échapper des matchs qu'il semblait avoir bien en main. La réalité est que l'Impact a mené quatre fois au score cette saison, pour une fiche d'une victoire (Toronto), un match nul (Chicago) et deux défaites (New York et Dallas). L'autre réalité est que les Montréalais ont fait preuve de fébrilité lors de la deuxième demie du match contre Dallas. Quand les Texans ont commencé à pousser, l'Impact a reculé et essayer d'encaisser les coups, plutôt que de répliquer. Pendant un temps, ils ont eu de la réussite. Quand Ferrari ne sauvait pas les meubles, les tirs adverses ne trouvaient pas le cadre. J'ai même cru que l'Impact était dans un de ces soirs où rien ne semblait pouvoir leur arriver. À tort. Aussi crève-coeur que soit la défaite, il n'y aura pas grand monde pour dire que Dallas n'a pas . Et ne nous cachons pas derrière une fausse vérité : si l'Impact menait à la marque, c'est surtout grâce à la générosité de l'arbitre de la rencontre. Sans ce penalty venu du ciel, on se demande encore comment les Montréalais auraient pu marquer. Plus qu'une faillite mentale, c'est une certaine faiblesse dans le jeu qui a été sanctionnée par les coéquipiers de Brek Shea. Reste que l'Impact est passé en quelques minutes d'une équipe sur le point d'aligner deux victoires consécutives à un club avec une fiche de 0-5-0 sur la route. Frustrant.

Jesse Marsch n'a pas fait les bons choix
Les entrées de Sanna Nyassi et Andrew Wenger au moment où le FC Dallas faisait le siège du camp montréalais ont fait jaser. Certains se sont réjouis de voir Marsch continuer à démontrer un esprit de conquête, pendant que d'autres se questionnaient de la pertinence de ces changements, ainsi que de leur timing. L'entraîneur a opté pour un choix tactique osé : faire rentrer deux joueurs rapides et qui excellent en contre-attaque pour forcer les défenseurs de Dallas à regarder derrière eux plutôt que devant, et faire ainsi reculer le bloc-équipe. Un choix risqué vu la physionomie du match. Car la bataille du milieu était le véritable nerf de la guerre. Incapable de sortir proprement le ballon, l'Impact n'est que trop peu souvent parvenu à déporter le jeu hors de sa zone et à lancer ses flèches offensives lors de cette deuxième demie. Aurait-il fallu apporter du sang neuf au milieu de terrain plutôt que de faire rentrer deux joueurs d'attaque ? Sûrement. Aurait-il fallu opérer des changements plus tôt ? C'est probable. Jesse Marsch a pris une décision sur le vif, et il s'est trompé. N'oublions pas que face à Toronto, la semaine passée, dans des conditions similaires au niveau du pointage - mais pas du jeu -, Marsch avait fait entrer Wenger, Mapp et Arnaud. Que s'était-il passé ? Un but de Wenger, sur une passe de... Mapp. Et le résultat que l'on connaît. Le pilote de l'Impact a de toute évidence sa part de responsabilité dans la défaite d'hier. Mais il en avait aussi une dans la victoire de la semaine passée. Parfois les choix payent, d'autre fois ils vous coûtent.

Patrice Bernier est mal-aimé par son entraîneur
Cette critique est un peu différente. Elle existait déjà avant le match, mais elle est ressortie avec véhémence une fois le coup de sifflet final donné. En colère après la défaite, certains partisans réclamaient le retour de Bernier dans l'alignement, d'autres se demandaient pourquoi Marsch ne l'avait pas fait rentré en jeu à la place de Nyassi ou Wenger, et tous voulaient avoir des explications sur la gestion de son cas. C'est légitime. En ce qui me concerne, je ne pense pas Bernier soit mal-aimé par Marsch. Dans chaque club, un entraîneur a des joueurs qui lui conviennent plus que d'autres, des athlètes dont les qualités sont davantage valorisées. Marsch a un faible pour la technique de Felipe, c'est indéniable. S'il n'a pas (toujours) démérité, le Brésilien n'a plus vraiment ébloui depuis la fin du camp d'entraînement. Pourtant, il n'a pas manqué une seule minute de jeu. Collen Warner, lui, semble avoir tapé dans l'oeil de l'entraîneur depuis le match de Salt Lake. Il amène de la fluidité au milieu de terrain, une transmission rapide et plus directe vers les phases offensives, alors que Bernier contrôle davantage le ballon. Ceci explique peut-être cela. Cependant, en soccer comme ailleurs, tout ce qui compte est le résultat. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que Marsch alignera Bernier aussi souvent que l'équipe performera quand il est aligné. Le Québécois doit juste attendre son tour. Et selon toute vraisemblance, son tour viendra mercredi.

Zarek Valentin fraternisait avec l'adversaire
J'ai été très surpris de voir certains partisans s'en prendre à Zarek Valentin à l'issue du match. Quelle faute avait-il commis ? Le jeune défenseur, par ailleurs auteur de son meilleur match avec l'uniforme de l'Impact, avait eu le malheur d'aller saluer Brek Shea, son ami depuis plusieurs années et avec qui il a notamment vécu la campagne olympique américaine. Au terme de n'importe quelle rencontre, et même à la mi-temps, vous verrez des joueurs d'équipes adverses se prendre dans les bras, parfois échanger quelques blagues, et très souvent leur maillot. Il ne faut pas sauter aux conclusions. Valentin était tout aussi marqué que ses adversaires après le match. Cette critique reflète plus qu'autre chose un état de frustration de la part des partisans qui sentaient une victoire se dessiner et qui l'ont vu s'envoler en quelques instants. Comme je le mentionnais au début de ce billet, le match de Dallas a généré beaucoup d'émotions auprès de l'Impact et de sa foule de partisans, avec ce que cela amène comme réactions épidermiques. Tout cela n'est pas si grave. Ce sont les aléas de la vie d'une équipe de soccer de haut niveau. Les Barcelone et Manchester de ce monde vivent exactement la même chose. Et ça fait du bien de voir que Montréal en est rendu à cette étape, même si cela peut paraître bizarre à écrire.

Je note également que Matteo Ferrari est descendu du piédestal sur lequel l'avaient mis certains partisans. Après les matchs de New York et Toronto, j'avais noté sur ce blogue quelques erreurs coûteuses de l'Italien, mais il semblait jouir d'une certaine immunité auprès de la communauté des partisans. Ne partez pas à penser que j'ai quelque chose contre lui. Au contraire, je trouve qu'il est un ajout extrêmement intéressant à l'équipe. Hier encore, il a par exemple effectué un tacle de toute beauté à l'endroit de Guarda, alors que les joueurs de Dallas étaient en surnombre dans la surface. Mais ses erreurs méritent d'être notées au même titre que celles de Justin Braun. Ce fut le cas hier, sur l'action du but vainqueur de Shea, où, même très en retard, il a décidé de poursuivre Perez, laissant un vide derrière lui qui a profité au buteur texan.

Quoiqu'il en soit, j'aimerais terminer ce billet en parlant de l'autre ex-international italien de l'équipe, Bernardo Corradi, qui a dédié son but à Piermario Morosini, le joueur de 25 ans décédé samedi après avoir subi un arrêt cardiaque pendant le match Pescara-Livourne. Corradi l'avait côtoyé à l'Udinese. Il a livré quelques commentaires touchants au confrère Olivier Tremblay, pour compte du site officiel de la MLS. Je vous invite vivement à aller les lire en cliquant ici.

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Wow... Zarek Valentin fraternisant avec l'adversaire? Il l'a lui même dit: C'est un ami depuis qu'ils ont 13 ans, et il lui a dit quelquechose de positif sur son jeux. Il a ensuite dit sur son compte twitter que Montréal était son équipe et sa ville, et qu'il donnerait tout le temps son 110%, non mais lachez-les un peu.

Toujours du négatif, c'est notre première année et après même pas 10 matches, on les critiques, pauvres joueurs.

Très belle analyse, Vincent. Tant qu'à moi, ce sont des erreurs de concentration. Jesse Marsch est avant tout un joueur qui coach comme un joueur et il n'a pas tant d'expérience comme entraîneur. C'est évidemment frustrant, mais il ne faut pas se fixer trop d'attentes...

Montréal devra s'ajuster lorsqu'il joue à l'étranger et à CONSERVER SES AVANCES, maudit !! La fiche actuelle à domicile est au moins motivante... Il faut bâtir là-dessus !!

Les gens se sont plaints de Zarek Valentin pour avoir jasé avec Shea parce que le clown de TVA Sports s'est plaint! Maudite belle mentalité: on a perdu, faque il faut avoir l'air bête!

Au sujet de Valentine... je ne croie pas que les gens se sont plaint a cause que Valentine a fraterniser avec l'ennemi; franchement. Je croie que ce qui a choquer est le sourire qu'il a arborer au moment ou il a fraterniser avec SON AMI.
La difference est le sourire trop radieu ;)
Pour vous donner un exemple j'irais du cote du hockey... hey ouiii loll. A la fin d'une serie en eliminatoire les joueur se donne la main certain jase et meme se donne des accolades. Mais rarement on voit le perdant avec un sourire. N'oubliez pas cher partisant que nous venons d'un pays a la base hockey. Voila. C'est ce que je croie.

Il fraternisait avec l'adversaire?
Ben oui, comme dans tous les sports, quand tu vois un copain, tu lui dis bonjour. Les joueurs pro se cotoient depuis des années parce qu'ils étaient dans la même catégories, ou parce qu'ils étaient dans le même centre de formation ou ils ont fait des sélections ensemble.

C'est pas parce que un ami a un autre maillot qu'il devient un ennemi. Je pense que les frères Staal au hockey se saluent toujours et passe noël ensemble. C'est pas pour autant qu'ils vont se faire des cadeaux sur la glace.

Faut qu'ils arrêtent de s'enflammer. Ca reste du foot.

Le soccer à TVA Sports, c'est une pub de Twitter ou quoi ..? À peine deux minutes dans le match, et déjà un commentaire Twitter. La reconnaissance est importante à ce point qu'on désir entendre son nom pronnoncé par un animateur de télé ? Cette Twitterisation de la couverture sportive est toxique. Peut-on avoir des experts qui posent les vrais questions et qui apportent des réponses justes ? Plutôt que de répondre à bozo78 qui se demande comment de changement sont possible en MLS lors d'un match ou encore, la différence entre un carton rouge et jaune...

Non mais... désolé...

A l inverse, le comportement chevaleresque de la plupart d entre vous est tout aussi immature. Il y a une vierge offensé qq part? Oui, il peut bien parler à un ami après la rencontre mais ye peut être pas obligé d'avoir l air de passer le meilleur moment de sa vie, immédiatement après une défaite.

Imaginez Letang avec un gros smile dans la face parlant à Talbot après la défaite d'y hier. Absurde.

Valentin est un excellent jeune joueur, c'est clair. Avec un bon jugement, je sais pas.

Pour ce qu'il est de la 'maudite mentalité d'avoir l'air bête après une défaite'. Si vous ça vous fait pas chier, pis que ça vous vire pas les tripes à l'envers de voir votre club perdre, et ben, dites moi quel prozac vous prenez.

Du soccer sur TVA sports c'est une honte . Ils savent rien , point final . RDS connait son soccer avec toutes les parties qu'il font montrer depuis longtemps. C'est juste un 'move' de Peladeau pour dire qu'I'll est interesse aux sports .Un geste de marketing .Les deux commentateurs viennent d'ou ? Pendant les parties , ils font juste parler mal de l'impact, une vraie honte . Comment veux-tu que les gens s'interessent , joignent et s'attachent a l'impact, quand deux personnes incompetent decrivent ce beau sport qu'y est le soccer . Vive RDS et le monde devrait boycotter TVA sports .

Au boycott du 98.5.
J'en ai assez que les animateurs prennent le soccer et leurs fans pour des idiots.
La je suis sure qu'Arcand et Crete vont tenter de faire du millage avec l'histoire de Corradi demain. Alors que ce matin ils se payaient pratiquement la tête de Morrosini... "bon encore un joueur de soccer qui s'effondre.."


pu capable..

Absence de Québécois dans l'alignement, difficulté à marquer des buts, incapacité à protéger une avance, sorties hasardeuses du gardien... cou donc! On dirait qu'on est encore en train de suivre la saison du CH! Il est vrai que la saison est encore jeune, que les gars ne se connaissent pas vraiment et que nous sommes toujours en attente d'un marqueur, mais quand même! On veut du positif! On veut tripper!