Mission à moitié accomplie pour Joey Saputo

| 7 Commentaires

« Je considérerais cette saison comme réussie si nous parvenions à être pris au sérieux par les médias et le milieu des affaires », me disait Joey Saputo peu avant le début de la saison, dans une entrevue réalisée pour le compte du magazine L'actualité.

À vrai dire, il est difficile de dissocier les éléments qui déterminent la réussite d'un club. Ils sont tous imbriqués. Et ils coulent habituellement de la même source : la victoire, qui appelle une meilleure fréquentation, une plus grande reconnaissance de la part des médias et une augmentation de l'intérêt des firmes corporatives.

Le cas de Montréal - et plus généralement, de la MLS - est un peu particulier, puisque l'accession au circuit Garber se fait par nomination, et non par promotion sportive. Ainsi, un club peut terminer une saison en bas du classement de deuxième division nord-américaine et se retrouver au plus haut niveau lors de la suivante - c'est ce qui est arrivé à l'Impact.

C'est là où se trouvait le premier défi de l'Impact. Le club n'a pas obtenu sa promotion au mérite, au panache et avec gloire. La décision a été prise dans des bureaux, après la réalisation d'une étude de marché et d'un business plan. Comment conquérir la foule en partant de là ?

Force est de constater que, malgré des débuts poussifs, la campagne marketing de l'Impact a réussi à piquer au vif les Montréalais. Mettre l'emphase sur le fait de battre un record historique de fréquentation à l'occasion de la réception du Fire de Chicago pour le match inaugural au Stade olympique fut une décision très intelligente.

Les Montréalais tout comme les médias ont été captivés, et l'Impact s'est taillé une part importante de la couverture sportive locale, profitant en ce sens de la déconfiture du Canadien dans la LNH et de la saison morte des Alouettes dans la LCF. Une belle victoire pour le club dirigé par Jesse Marsch.

Mais ce qui est encore plus remarquable, c'est que l'Impact soit parvenu à capitaliser sur cette vague populaire, là où on aurait pu croire que l'engouement s'essoufflerait après le match d'ouverture. Quelques bons résultats, des signatures de joueurs de renom, certaines controverses internes... La recette des grands clubs dans les marchés les plus importants du monde.

Reste que, et la constatation dérange, parmi les 60 860 personnes qui se sont massées au Stade olympique à l'occasion du match Impact-Galaxy il y a dix jours, la plupart étaient venus admirer David Beckham et, dans une moindre mesure, Landon Donovan et Robbie Keane.

Ils n'étaient plus que 20 373 pour regarder les Red Bulls de New York privés de Thierry Henry battre l'Impact, samedi. Bien sûr, le congé de la Fête des Patriotes n'a pas aidé, mais je mettrais ma main à couper que la présence de l'ancien joueur de Monaco, de la Juventus de Turin, d'Arsenal et du Barça aurait presque fait doubler l'assistance.

L'Impact n'est pas dupe. Depuis le début, son président annonce la venue d'un joueur désigné de renom pour l'été afin de combler un manque de paillettes dans le vestiaire et de ne pas compter sur le pedigree des joueurs de l'équipe adverse pour remplir le stade.

Soyons honnête, Marco Di Vaio n'est pas du calibre de David Beckham et de Thierry Henry. Son talent est indéniable. Sa présence piquera la curiosité et attisera l'enthousiasme des Montréalais. Mais, je l'ai constaté moi-même, sa notoriété n'est que très peu étendue en dehors des cercles d'amateurs de soccer, contrairement aux deux vedettes pré-citées, dont les visages s'affichent partout dans le monde dans des publicités pour Calvin Klein ou Gillette.

L'Impact est-il pris au sérieux par les médias ? Oui, on ne peut plus en douter. L'Impact est-il pris au sérieux par le milieu des affaires ? De plus en plus, à en juger par les partenariats acquis par le club, mais, sans m'avancer sur un sujet que je maîtrise moins, ces effets se feront davantage sentir à moyen terme.

Considérant tout ceci, je dirais que la mission est à moitié accomplie pour Joey Saputo. Sachant que la saison a commencé il y a à peine plus de deux mois, je considère que c'est une excellente nouvelle, d'autant que l'Impact est loin d'être aussi ridicule que certains le prévoyaient.

Mais il y a un bémol. Je ne crois pas que les Montréalais se soient encore appropriés leur équipe. J'ai la désagréable impression que pour beaucoup, le soccer reste le sport des « autres », des équipes qui ont des vedettes internationales, qui elles seules légitiment d'aller encourager l'Impact.

Ainsi, j'ajouterais un autre point à la liste de Joey Saputo. L'Impact en a-t-il fait assez pour fidéliser une clientèle de nouveaux amateurs de soccer ? Oui et non, mais il faudra attendre de voir la fréquentation du Stade Saputo tout au long de la saison pour mieux répondre.

7 Commentaires

Bon article. Cepandant... oui DiVaio arrive. Mais il n'arrivera peut etre pas tout seul. L'IMFC est en nego avec d'autre joueurs. Imagine un Ballack ou un Seedorf pour alimenter DiVaio. La je croie que la mission de Joey serais bin acomplie. Et en avant les series.

Excellent article.... Et imagine si il y avait l'appui des medias, que le canadien recoie toujour. J'ai confiance a l'equipe Saputo. Voila nos nouveaux Amours

...c'est peut être rêver...mais Drogba est disponible.

Pourquoi pas tenter??? Ce serait tout un coup de la part de M. Saputo.

"Ils n'étaient que 20 373 pour regarder les Red Bulls..."

C'est sûr que ce serait bien d'avoir 60 000 spectateurs par match. Mais au stade Saputo, ç'aurait été plein. On parlerait de salles combles depuis le début de la saison. Il n'y a que le CH qui attire de plus grandes foules à Montréal et encore, à coup de presque 22 000 par match. L'Impact n'a rien à envier : 20 373, ça reste au-dessus de la moyenne de la MLS il me semble.

@ Vincent

Une question : est-ce que Marco Di Vaio parle anglais ou même français ?

Faudrait pas rêver à Ballack, Seedorf ou Drogba, on parle de joueurs qui vont commendé des salaires comparable à Thierry Henry ou David Beckham et je doute fort que le marché montréalais puisse être en mesure de fournir un capital assez intéressant à l'impact pour réellement rentabilisé un tel investissement.