L'envie de gagner, la peur de perdre

| 2 Commentaires

L'équipe d'Espagne a fait preuve de beaucoup de culot au moment d'affronter l'Italie. Un 4-3-3 avec une ligne d'attaque composée de trois milieux offensifs et d'aucun attaquant pur, c'est inédit à ce niveau.

Vicente Del Bosque s'est toujours appuyé sur la force collective barcelonaise pour faire évoluer la Roja, mais il n'avait jamais autant calqué la personnalité de la sélection sur celle des Blaugrana. Avec Fabregas dans le rôle de Messi - attaquant qui décroche énormément pour participer à des jeux en triangle au miilieu et sur les ailes - l'Espagne a connu plus ou moins de succès. Ce n'est pas très surprenant.

Si Del Bosque veut faire du Barça, c'est toute l'équipe qui doit participer au jeu, avec un rôle accru pour les défenseurs latéraux. Dimanche, l'Espagne a réussi à avoir la possession du ballon, mais pas vraiment à se créer des tonnes d'occasion. L'entrée de Fernando Torres était intéressante à cet égard, puisqu'elle a permis aux Espagnols de prendre davantage de profondeur. Cela a failli payer, mais le lob de l'attaquant de Chelsea n'a pas trouvé le cadre.

Il faut toutefois saluer la performances de l'Espagne et de l'Italie, qui avaient toutes deux l'envie d'aller chercher cette victoire. Cela est d'autant plus remarquable que la Squadra Azzura n'avait plus connu la victoire depuis sept mois, et qu'elle souffrait donc d'un déficit de confiance. Son 3-5-2 assez osé, qui avait pour but de gêner la construction espagnole haut sur le terrain, a été efficace autant défensivement qu'offensivement.

À l'opposé, on trouve la France et l'Angleterre, qui ont toutes deux évolué avec la peur au ventre, avec davantage l'idée de ne pas perdre que l'envie de gagner. Je ne suis pas si surpris que les Three Lions aient adopté une attitude si défensive et conservatrice. Les Anglais, dirigés par Roy Hodgson seulement depuis le 1er mai, sont en manque de repères, à la suite des blessures de Frank Lampard, Gary Cahill et Gareth Barry, ainsi que de la suspension de Wayne Rooney. C'est plus difficile à comprendre de la part des Français. Bien sûr, les Bleus ont fait preuve de caractère en revenant à la marque, et ils ont montré un meilleur visage que leurs adversaires. Mais on se serait attendu à plus de force tranquille de la part d'une équipe qui restait sur une série de 21 matchs sans défaites, avec au passage des victoires contre le Brésil, l'Allemagne et... l'Angleterre.

Peu importe ce qu'il s'est passé au cours des derniers mois, une nouvelle compétition vient de commencer et l'histoire reste à écrire. La France, emmenée par une jeune génération, n'a pas l'air totalement libérée. Elle a encore besoin de gagner pour croire en son potentiel. À l'inverse, l'Espagne et l'Italie ont semblé plus sûres de leur force, et n'ont pas hésité à prendre des risques pour triompher. Ils ont fait une meilleure entame du tournoi, et ont démontré un esprit de champions.

Cependant, il faut se montrer prudent, car après tout, chaque équipe n'a joué qu'un seul match. Le tournoi est encore long.


****

Klaas-Jan Huntelaar, pas content du tout de jouer les seconds rôles dans une équipe des Pays-Bas où Robin van Persie a été choisi pour évoluer en pointe de l'attaque, refuse de s'exprimer devant la presse. Ambiance dans le vestiaire néerlandais... Pas idéal pour préparer la suite de la compétition, qui s'annonce par ailleurs compliquée.

****

Andrei Shevchenko. On ne s'attendait pas à ce que ce nom fasse la une des journaux durant cette compétition, tant l'ancien Ballon d'Or n'affiche plus le niveau qui a fait de lui une légende. Mais l'ancien Milanais a ébloui la rencontre Suède-Ukraine de sa classe, et s'est mérité une vague d'éloges bien méritées, lui qui dispute sa dernière compétition internationale. Son duel avec Zlatan Ibrahimovic, lui aussi brillant lundi, a été captivant.

2 Commentaires

Il me tarde de voir comment les hollandais vont jouer cet après midi contre l'Allemagne. Ca risque d'être épique.

Pour l'équipe de France, on l'a vu dans les premiers instants qu'ils étaient morts de trouille. Une magnifique passe à 10 pendant 4min juste devant la surface. Pourtant je pense qu'ils n'ont à avoir peur de personne. Pas même de la réaction du peuple français qui selon moi est le plus difficile pour eux. Si ils jouent avec envie, on pourra pas leur reprocher, c'est une jeune équipe, faut qu'ils jouent sans crainte et ils peuvent aller très loin.

Impact de Montréal
J'aimerais émettre un petit mot sur l'Impact.
Certains journalistes ont parlé des bancs vides, mais ils n'ont pas jugé de bon de fouiller d'avantage. 18000 sur 20000 c'est bien selon moi.
Les bancs vides étaient surtout dans les sections plus dispendieuses. L'Impact a un peu surévalué la capacité des gens à payer. Ce sont aux grosses entreprises à payer pour ses billets. La plupart des amateurs de soccer sont jeunes et n'ont pas les moyens de payer les billets chers.
Dans les sections plus abordables, il n'y avait pas de places libres. Tout le monde avait du plaisir avec les Ultras qui montraient l'exemple.
merci