Lucian Bute à l'abri des curieux...

Publié par Bruno Gauthier pour 98,5fm Sports le mardi 22 mai 2012 à 12h36. Modifié par Charles Payette le mardi 29 janvier 2013

(98,5 Sports) - À l'approche de son combat contre Carl Froch samedi prochain, Lucian Bute est sorti de sa tanière, où il était isolé depuis son arrivée en Angleterre il y a une semaine.

Stéphan Larouche fait le point avec Jacques Thériault sur la préparation de Lucian Bute
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Le jab! - Le blogue de Jacques Thériault


Autant son équipe a cherché à sortir Bute de sa zone de confort pendant le camp d'entraînement en Floride, autant on a tout fait pour l'y ramener, à son confort, depuis que le champion du monde est arrivé en Angleterre, il y a une dizaine de jours.


Tandis que Larouche s'est assuré de trouver un bon environnement à Nottingham, là où le clan Bute loge depuis dimanche, c'est Pierre Bouchard, l'ancien entraîneur d'Adrian Diaconu qui joue le rôle de coordonnateur des projets chez InterBox, qui a veillé à dénicher une ville où le champion et son entourage immédiat pourraient loger à l'occasion d'une première semaine d'adaptation en Angleterre.


Bouchard a trouvé cet endroit à Sheffield, à environ 50 km au nord de Nottingham, après y avoir effectué trois voyages de reconnaissance au préalable.


Isolé en territoire ennemi


Terrée à Sheffield à l'abri des curieux et des espions du clan Froch, l'équipe de Lucian Bute a décidé d'adopter une attitude très discrète alors qu'elle se retrouve pour une rare fois en territoire ennemi.


Après avoir réservé un gymnase auprès d'un contact qui n'a pas ébruité la nouvelle, la consigne était très simple. «Nous n'avons pas effectué de déplacements durant lesquels nous ne nous sommes pas identifiés comme des membres la garde rapprochée de Lucian», a fait savoir l'entraîneur du Roumain, Stéphan Larouche à notre collaborateur Jacques Thériault qui se trouve en Angleterre.


De cette façon, le clan Bute a pu reproduire la préparation habituelle d'une défense du titre IBF des super-moyens. «Même si ce n'était pas totalement volontaire de s'isoler, ça nous a permis de bénéficier d'une meilleure concentration», a poursuivi Larouche.


Lorsque le Québécois d'adoption prépare un combat dans la Belle-Province, son entourage organise un camp d'entraînement de huit semaines en Floride avant de passer la neuvième semaine à la maison. Cette fois, la huitième semaine a été recréée en sol anglais.


Cependant, rien n'a changé aux yeux de son entraîneur. «Nous avons devant nous le même Lucian. Il est seulement plus affamé».


Préparation psychologique accrue


Reconnu pour son style provocateur, Froch ne pourra peut-être pas jouer dans la tête de Bute comme il l'a fait avec de nombreux adversaires auparavant.


Deux raisons expliquent ce «désavantage».


D'une part, Stéphan Larouche a rappelé à quel point son protégé ne ressentait pas le besoin de répliquer à un opposant qui tentait de l'amener dans une joute verbale lors des points de presse, ou lors de la semaine précédant le combat.


«Lucian n'a pas besoin de cette motivation pour se préparer», a tranché celui qui n'a pas la langue dans sa poche lorsque vient le temps de répliquer à ceux qui tentent de déconcentrer Bute.


De l'autre, la préparation du Roumain va bien au-delà des rondes simulées ou des séances en gymnase. En plus de s'habituer à boxer dans un chaos sonore, Larouche a tenté de «jouer» avec la patience de son athlète.


«À tous moments depuis notre arrivée en Angleterre, je tente de déstabiliser Lucian, que ce soit au restaurant ou lorsqu'on croise les gants dans le ring, a-t-il reconnu. Je le provoque avec toutes les tactiques inimaginables, tout comme je le ramène à la réalité avec des phrases positives qui auront pour but de le préparer.»


«À un certain moment, il m'a dit qu'il s'agissait de ''son combat le plus important en carrière'', ce à quoi je lui ai répondu que sa prochaine défense de titre allait l'être encore plus. Ce genre de phrase va le motiver à remporter ce combat, mais aussi à lui rappeler que tout est à recommencer», a noté l'entraîneur.


Comme à la maison


À n'en point douter, ce combat sortira le Montréalais d'origine roumaine de sa zone de confort.


Certes, son adversaire sera le plus coriace de sa carrière, mais aussi parce qu'il se battra devant une foule hostile pour la première fois depuis 2004, c'est-à-dire trois ans avant qu'il ne devienne champion IBF des super-moyens.


Bute n'avait toutefois aucun regret, mardi, lorsqu'on l'a croisé à l'entrée de l'hôtel où loge l'équipe d'InterBox à Nottingham. Même que le boxeur de 32 ans affichait une forme et une humeur resplendissantes. «Je me sens comme à Montréal. J'ai mon entourage autour de moi, il y a des partisans du Québec et de la Roumanie qui vont arriver plus tard cette semaine, je me sens très bien», a-t-il indiqué avant d'aller rejoindre ses proches.


Il faut dire que rester à l'hôtel et profiter de l'encadrement de son «cocon» de proches collaborateurs, Bute fait cela même quand il boxe au Québec. Depuis qu'il est champion, du moins. Dans les derniers jours avant chaque combat, on établit un quartier général à l'hôtel, dirigé dans tous ses détails par l'entraîneur Stéphan Larouche.


«Lucian s'est aperçu, à un moment donné, qu'il se sentait dispersé quand il revenait chez lui après avoir fait un camp d'entraînement rigoureux de 12 à 13 semaines avec son équipe. Il voulait donc garder cet esprit-là dans les
jours qui précèdent un combat (en logeant à l'hôtel)», a expliqué Pierre Bouchard.


«Ça lui permet de se retrouver seul quand il en a besoin, et d'être avec du monde quand il en a besoin - des gens avec qui il est à l'aise.»


Sur une corde raide


Reste qu'une fois sur le ring, samedi, face à Froch, cette sensation de confort pourrait disparaître en un clin d'oeil. Mais ce ne sera quand même pas l'inconnu pour le nouveau citoyen canadien, a fait remarquer Larouche.


«Lucian a disputé 300 combats chez les amateurs. Il a gagné des tournois en Russie, notamment chez un boxeur russe qui était champion du monde. Il a quand même vu un paquet de choses du genre, alors il sait à quoi s'attendre», a souligné l'entraîneur.


Bute (30-0-0, 24 K.-O.), devenu professionnel à la fin de l'année 2003, a par ailleurs disputé trois combats aux États-Unis en 2004: un à Atlantic City, un à Boston et un autre à Boynton Beach, en Floride. Il a remporté ces trois affrontements par arrêt de l'arbitre.


Tous ses autres combats depuis ce temps ont eu lieu à Montréal, à Québec ou en Roumanie, son pays d'origine.


Froch (28-2-0, 20 K.-O.) boxera chez lui pour la première fois en cinq combats. Sa dernière sortie à Nottingham remonte au 17 octobre 2009. Il l'avait alors emporté par décision partagée face à Andre Dirrell.


Avec La Presse Canadienne

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