*VIDÉO* La dure réalité d'un «commotionné» du football

Publié par Danielle Arsenault pour 98,5fm Sports le jeudi 03 mars 2011 à 06h14. Modifié le mardi 29 janvier 2013

(CKAC Sports) - Preston Plevretes était un joueur de football collégial américain. Secondeur, il rêvait un jour d'évoluer professionnellement dans la NFL ou en Europe. Le 5 novembre 2005, son rêve s'est abruptement écroulé lorsqu'il a reçu un coup à la tête lors d'un match.

En secondaire cinq, Preston Plevretes était un athlète charismatique et très populaire. Il était le capitaine de son équipe de football. C'était un joueur très apprécié de ses coéquipiers, car il était toujours de bonne humeur.

À l'automne 2005, il s'approche de son rêve de jouer au football professionnel lorsqu'il est accepté à l'université LaSalle et obtient le poste de secondeur partant sur l'équipe de football.

Le 4 octobre 2005, lors d'un entraînement, il se blesse et souffre d'une commotion cérébrale. En raison de ses symptômes, il rate un match et il est vu à la clinique médicale de l'université. Deux jours plus tard, et ce malgré qu'il ressente toujours des maux de tête pour lesquels il prend des médicaments antidouleurs, l'infirmière qu'il consulte lui donne le droit de retourner jouer au football.

Le 5 novembre 2005, lors d'un match, il essaie de faire un plaqué sur un retour de botté et il reçoit un coup à la tête. L'impact est tel qu'il demeure étendu au sol. Lorsque l'équipe médicale de l'équipe le rejoint sur le terrain, il est en convulsion.

Après l'avoir sorti du terrain sur une civière et conduit à l'hôpital en ambulance, les autorités ont même décidé d'arrêter le match. Son entraîneur et le thérapeute sportif le rejoignent rapidement à l'hôpital tout près.

Durant deux heures et demie, les médecins ont tout tenté pour lui sauver la vie, car il avait un immense caillot de sang au cerveau. On lui a même enlevé une partie de sa boîte crânienne pour diminuer la pression, laissant son cerveau exposé. Il respirait grâce à un respirateur artificiel, intubé de partout.

Cinq and plus tard, on revoit le jeune athlète. Il est toujours vivant, mais il a beaucoup de difficultés à manger, marcher et parler de façon autonome. Lorsqu'il est interviewé, on peine à le comprendre. Il a peu de souvenirs de ce qui s'est passé sur le terrain lorsqu'il s'est blessé. Tout ce qu'il se souvient, c'est qu'il a presque perdu la vie...

Selon ses médecins, Preston a souffert du syndrome de l'impact secondaire qui survient seulement chez des athlètes de moins de 23 ans dont le cerveau est encore en développement. C'est une maladie rare qui peut être fatale. Elle se développe lorsqu'un athlète reçoit un coup à la tête après avoir déjà souffert d'une première commotion cérébrale qui n'est pas complètement guérie.

Pendant près de cinq mois, Preston a vécu sans la moitié de sa boîte crânienne. Il a passé son 21e anniversaire de naissance hospitalisé. Après neuf mois, il a recommencé à se déplacer avec une marchette. Deux ans après sa blessure, il a recommencé à parler. Mais comme il était aux prises avec des crises épileptiques - il pouvait en faire 10 par jour ? ses médecins ont séparé chirurgicalement deux parties de son cerveau. Après cette intervention, il a dû à nouveau réapprendre à marcher, parler, etc.

Malgré toutes ces tragédies, Preston ne blâme pas son sport. C'est le manque de connaissance au sujet des commotions qui le hante. En 2007, sa famille a intenté une poursuite pour négligence contre son ancienne université et l'équipe médicale. Dans ce reportage, on y voit entre autres le directeur de l'équipe médicale de l'université qui a évalué Preston cinq jours après sa première commotion. Il admet ne pas avoir questionné Preston au sujet de ses maux de tête et ses pertes de mémoire.

L'université n'a jamais admis ses tords, mais a accepté de payer 7,5 millions de dollars à la famille de Preston. Le programme de football de l'université LaSalle n'existe plus. Depuis, la NCAA a mis en place une nouvelle politique concernant les commotions cérébrales qui exige qu'un athlète soit maintenant évalué par un médecin.

Aujourd'hui, Preston vit chez ses parents qui prennent soin de lui 24 heures sur 24. Tous les jours, il reçoit des thérapies et son rêve maintenant, est de pouvoir éventuellement parler en public des dangers de pratiquer un sport avec une commotion cérébrale.

«Je ne veux pas que d'autres jeunes vivent la même chose que moi!»

Son rêve, il l'a finalement réalisé en février 2010 lorsqu'il a raconté son histoire devant des entraîneurs et thérapeutes sportifs lors d'une conférence sur les commotions cérébrales.

«Mon fils a survécu, a confié sa mère. Mais regardez sa qualité de vie. Mon fils vit les conséquences d'une mauvaise connaissance au sujet des commotions cérébrales.»

«Se réveiller tous les jours et réaliser que je ne suis plus capable de faire tout ce que je faisais avant », voilà ce que Preston trouve le plus difficile depuis sa blessure!!!

Voici le reportage de ESPN E60 sur la touchante histoire de Preston Plevretes:

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