«J'ai toujours été le joueur qui sert d'exemple à l'entraîneur» - Subban
(98,5 Sports) - Au début de la saison, son nom était sur toutes les lèvres et pas toujours pour les bonnes raisons. Mais depuis janvier dernier, P.K. Subban est un des éléments-clés de l'entraîneur-chef Randy Cunneyworth qui l'utilise abondamment.
Que ce soit sur la patinoire avec ses nombreux revirements ou dans le vestiaire alors que plusieurs vétérans semblaient être exaspérés par ses simagrées, P.K. Subban a connu un difficile début de saison, sa deuxième dans la LNH. Mais depuis janvier, le jeune défenseur de 22 ans semble avoir trouvé l'équilibre entre ses responsabilités défensives et son désir de se porter à l'attaque. En entrevue avec l'analyste hockey à ESPN, Pierre LeBrun, P.K. Subban a confié que malgré l'énorme pression qui pèse sur ses épaules en tant que joueur du Canadien, il apprécie évoluer à Montréal. «C'est difficile de me comparer à un autre défenseur de 21 ou 22 ans de la Ligue, ils n'ont sûrement pas expérimenté la moitié de ce que j'ai vécu ici en jouant à Montréal. Mais je suis certain que c'est ce qui fait de moi un meilleur joueur. Je suis confiant que je peux jouer avec succès n'importe où dans cette Ligue. Mais jouer à Montréal, c'est unique et j'aime ça. J'aime évoluer dans cette atmosphère de pression. J'aime l'attention que l'équipe reçoit. Comme joueur (professionnel), c'est ce que tu recherches. Comme recrue qui arrive dans la LNH, tu veux être où se passe l'action. Ça me motive énormément.» Émule de Lidstrom Effectivement, la pression ne semble pas lui faire peur. Et il n'hésite pas à placer la barre haute quand vient le temps de se fixer des objectifs personnels. «Je veux devenir l'un des meilleurs défenseurs de l'histoire de la LNH. Je veux être comme Nick Lidstrom avec sa prestance sur la patinoire et à l'extérieur de la glace aussi. Je sais que ça vient avec le temps et l'expérience. Tu ne peux pas bousculer les étapes. Tu veux être comme lui, mais tu dois faire les choses au quotidien et un jour, tu vas réaliser que tu es devenu comme lui. Mais ça prend du temps. J'apprécie chacun de ces moments. Un jour, j'espère connaître autant de succès que Lidstrom.» Aux adversaires qui se plaignent qu'il parle trop sur la patinoire et qu'il est trop arrogant pour son jeune âge, sachez que Subban n'a pas l'intention de changer son style pour vous faire plaisir ou pour obtenir votre respect. «J'affronte les meilleurs joueurs des autres équipes et ma responsabilité est de les neutraliser. Quand je suis arrivé dans la Ligue et que les vedettes comme Sidney Crosby ou Evgeni Malkin m'avaient dans leur visage constamment, moi un enfant rempli de confiance qui arrivait de Hamilton, je suis certain ils n'aimaient pas beaucoup ça. Mais c'est ma job. C'est sûr que si je ne jouais pas à Montréal, je n'aurais pas autant d'attention. Mais c'est la réalité de Montréal. On vit sous un microscope. J'essaie de me faire un nom dans cette Ligue et c'est la seule façon dont je suis capable de le faire.» Lorsque questionné à savoir quelle a été la meilleure réplique qu'il a livrée à un adversaire, P.K. se met à rire en racontant cette anecdote. «C'est quelque chose que je vais me souvenir toute ma vie. Mon premier match la saison dernière contre Pittsburgh, j'avais encerclé la date sur mon calendrier parce que je savais que Sidney Crosby voudrait m'affronter. Nous les avions éliminés en séries (au printemps 2010) et nous avions fermé leur Igloo (leur amphithéâtre). Cette série avait tellement été émotive. Personne ne me connaissait à cette époque et tout le monde se demandait : qui est ce joueur qui patine partout sur la patinoire, qui frappe tout ce qui bouge et qui se fait aller le mâche-patate après chaque sifflet? Donc, lors de ma première présence sur la glace, je vais derrière mon filet et je me fais plaquer lourdement par Sid. La foule enthousiaste s'est levée d'un bond. Après le sifflet, je l'accroche un peu et il me dit : J'ai attendu ce moment toute la journée. Et je lui ai répondu : Moi, j'ai attendu tout l'été, s'est exclamé Subban en riant de bon coeur. Il est retourné au banc sans rien dire. J'aime affronter ce type de joueur. Non seulement est-il le meilleur joueur au monde, mais c'est un athlète extrêmement compétitif. Il fait partie de l'élite mondiale.» L'apprentissage n'est pas toujours une partie de plaisir Le sourire de Subban disparaît toutefois très rapidement lorsqu'il est question de son début de saison, notamment lorsque le nouvel entraîneur du Tricolore, Randy Cunneyworth, l'a envoyé sur la galerie de presse. «Ç'a été difficile de me retrouver sur la galerie de presse parce que ce n'était pas comme si c'était juste moi. Il y avait beaucoup d'autres joueurs qui ne performaient pas bien. Je me souviens même d'avoir pris le blâme pour deux défaites avant d'avoir été retranché. J'estimais que comme équipe, nous ne jouions pas à notre plein potentiel. Mais au fil des ans, quel que soit le niveau de jeu, j'ai toujours été le joueur qui sert d'exemple à l'entraîneur. Et ça me va. Quand on m'a retiré de la formation, la seule chose dont je ne voulais pas, c'est qu'on en fasse tout un plat. Je savais que je reviendrais et que je jouerais probablement le plus de minutes. Mais ce n'était pas seulement à propos de moi. Je crois que c'était plus pour passer un message à toute l'équipe. Si moi qui joue 26-27 minutes par match, on me retire de la formation, les autres vont se dire : s'il se fait assoir sur le banc, je peux moi aussi me faire assoir sur le banc, donc, je dois mieux jouer. » Mais s'il s'attire parfois les foudres de ses entraîneurs et de ses coéquipiers, la foule du Centre Bell l'adore et n'hésite jamais à scander son nom dès qu'il transporte la rondelle. Et même s'il est bien concentré sur son match et ses responsabilités, P.K. Subban entend ses cris et il se dit très privilégié d'obtenir le soutien indéfectible des partisans du Canadien. «Ah oui, je l'entends, ça ne se rate pas. C'est un privilège. Ce ne sont pas tous les joueurs qui peuvent vivre ça. Depuis que je suis arrivé à Montréal, les partisans et la communauté sont d'un soutien incroyable. Évidemment, les médias ont leur rôle à jouer et parfois ce qu'ils écrivent, ça ne me plaît pas, mais ça n'a jamais altéré le soutien que je reçois des amateurs. Franchement, Carey (Price) et moi sommes très chanceux de vivre ça ici.» (D'après un reportage de Pierre LeBrun, ESPN)


