«Je voulais jouer à Montréal» - Jaromir Jagr
(98,5 Sports) - Voyant que les Flyers n'étaient pas pressés de lui faire signer un contrat, Jaromir Jagr s'est tourné vers le marché des joueurs autonomes et sa destination de choix aurait été le Canadien de Montréal.
C’est ce qu’il a affirmé en entrevue téléphonique jeudi lorsqu’il a été présenté aux membres des médias de Dallas après avoir conclu une entente d’une saison d'une valeur de 4,55M$, mardi soir.
«J’ai toujours voulu jouer au Canada. Et je voulais jouer à Montréal si j’avais une chance. Mais Montréal n’était pas intéressé. Puis, j’ai reçu le téléphone de Joe Nieuwendyk (DG des Stars de Dallas) qui me disait que les Stars étaient intéressés et ça m’a fait bien plaisir.C’est très important de jouer pour une équipe qui estime que je peux les aider», a mentionné Jagr au bout du fil.
L’attaquant tchèque a par la suite expliqué pourquoi il avait décidé de quitter Philadelphie après y avoir passé seulement une saison.
«Durant la saison, je croyais que j’allais m’entendre avec les Flyers. Je croyais que ça se ferait après la saison ou même avant l’ouverture du marché des joueurs autonomes. Mais comme ils voulaient attendre de voir la décision prise par Parise et Suter, il aurait fallu que j’attende et je n’étais pas prêt à faire ça. S’ils avaient réellement voulu me revoir avec l’équipe, ils m’auraient sûrement proposé quelque chose avant le marché des joueurs autonomes», a-t-il indiqué en soutenant toutefois qu’il comprenait bien la position des Flyers qui tentent d’améliorer leur équipe via le marché des joueurs autonomes.
Mais à 40 ans, l’ailier droit n’est pas prêt pour la retraite. La dernière saison avec les Flyers, alors qu’il effectuait un retour dans la LNH après trois ans passés dans la KHL, Jagr a inscrit 19 buts et récolté 35 mentions d’aide en saison régulière en plus des huit points cumulés en séries.
«Je crois que je peux encore jouer sur les deux premiers trios, estime-t-il. C’est très important pour moi. Je n’ai jamais été dans la LNH pour être assis au bout du banc. Je veux être partie intégrante de ma nouvelle équipe.»
Un p’tit nouveau dans l’Ouest
Maintenant qu’il fait partie des Stars de Dallas qui jouent dans l’Association de l’Ouest, le vétéran devra donc s’habituer à plus de voyagements, mais il n’est pas inquiet, il a l’habitude, lui qui a joué trois saisons pour l’Avangard d’Omsk dans la KHL.
«Je jouais pour l’Omsk et notre plus petit voyage était de deux heures et demie. Mais généralement, c’était plus des voyages de cinq ou six heures. Et faites-moi confiance, c’était loin des moyens de transport des Stars de Dallas!», a-t-il lancé sourire en coin. Il a d’ailleurs bien hâte de voir la différence de niveau de jeu, lui qui a toujours évolué pour des équipes de l’Est.
Un rôle de mentor
L’an dernier avec les Flyers, Jaromir Jagr a pu faire profiter de sa grande expérience aux jeunes de l’organisation, dont le Franco-Ontarien Claude Giroux pour lequel il voue une grande admiration.
«Ce qui le rend spécial, c’est qu’il veut être le meilleur et qu’il était prêt à écouter. Je lui ai dit que je savais comment être le meilleur. Il y a environ dix, douze ans, je crois que j’étais un des meilleurs joueurs au monde. Je sais donc comment m’y rendre (au sommet). Donc, oui, je peux aider les jeunes. Mais du même souffle, il n’y a pas de secrets au succès. Il faut simplement travailler très fort. Le talent, c’est bien, mais sans l’effort et le travail, on ne réussit pas. Si c’était si facile, tout le monde y parviendrait. Il faut sacrifier beaucoup et travailler plus que tout le monde», a indiqué celui qui a passé 19 ans dans la LNH et qui a enfilé l’uniforme de quatre équipes (Penguins, Capitals, Rangers, Flyers).
Le travail et les sacrifices que s’impose Jaromir Jagr à l’entraînement sont légendaires. Après une pratique alors que ses coéquipiers quittent l’aréna pour se reposer ou se faire masser, il a l’habitude de revenir à la patinoire pour poursuivre son entraînement en soirée.
Par exemple, il peut faire des séances de patinage avec des poids aux pieds pour augmenter le niveau d’effort. L’an dernier, il a entraîné plusieurs joueurs de l’équipe, dont Claude Giroux, dans son sillage pour des entraînements de soirée. Giroux a souvent confié à quel point il était impressionné par le niveau de discipline et de détermination de Jagr.
C’est pour cette raison que Jagr estime être encore en mesure à 40 ans de disputer tous les matchs d’une longue et rigoureuse saison de la LNH.
«Je travaille tellement fort en pratiques que durant les matchs, c’est pratiquement du repos pour moi et j’ai beaucoup de plaisir. J’aime tellement le hockey, je ne crois pas que je serais capable de sauter un match. Si je sais que je ne jouerai pas lors d’une partie, je vais m’entraîner encore plus fort avec deux pratiques par jour», a-t-il confié.
Quand on lui a demandé s’il n’avait pas peur de quitter une équipe qui fait généralement les séries (Flyers) pour une autre (Stars) qui les a ratées au cours des quatre dernières saisons, Jagr a fait parler son expérience.
«J’ai appris au fil des ans qu’on ne doit jamais sous-estimer quiconque. Prenez par exemple les Kings de Los Angeles, l’an dernier, ils ont failli ne même pas faire les séries et ils ont complètement dominé tous leurs adversaires en séries. La ligne est très mince entre l’équipe championne et celle qui ne fait pas les séries. Avec les jeunes joueurs ici (à Dallas), je crois qu’on va faire les séries. J’ai raté les séries qu’une seule fois dans toute ma carrière, je ne veux pas que ça se reproduise», a-t-il bien déterminé à amener les Stars à la terre promise.



