La Classique hivernale annulée, Darche croit qu'elle peut ressusciter
(98,5 Sports) - La Ligue nationale de hockey est passée des paroles aux actes, vendredi, en annulant la Classique hivernale du 1er janvier.
Mathieu Darche en entrevue avec Martin McGuire
La LNH a confirmé l'annulation du rendez-vous annuel en plein air, qu'elle prévoyait tenir cette fois entre les Maple Leafs de Toronto et les Red Wings de Detroit à Michigan Stadium.
La décision survient après l'annulation des matchs du calendrier régulier jusqu'au 30 novembre.
La ligue a indiqué que les deux équipes s'affronteront plutôt à Ann Arbor, au Michigan, le 1er janvier 2014.
Fehr : «Pas nécessaire»
«La décision de la LNH d'annuler la Classique hivernale n'était pas nécessaire et est malheureuse, comme l'a été le déclenchement en soi du lock-out par les propriétaires», a commenté Don Fehr, le directeur exécutif de l'Association des joueurs de la LNH, dans un communiqué.
«Le fait que la saison n'ait pas encore commencé est le résultat d'une décision unilatérale de la part des propriétaires; les joueurs ont toujours été prêts à jouer tout en continuant à négocier de bonne foi.
«Nous avons hâte que la ligue revienne à la table des négociations, afin que les parties puissent trouver une façon de mettre fin au lock-out le plus rapidement possible, et qu'on retourne sur la glace pour les amateurs.»
Un paiement aurait été dû
Dans le contrat de location entre la LNH et l'Université du Michigan, il y avait une clause concernant l'annulation en cas d'arrêt de travail. Si le match était annulé d'ici vendredi, la LNH perdait seulement le dépôt de 100 000 $ qu'elle a déjà versé. Si la décision d'annuler était survenue après vendredi, il aurait fallu que la ligue absorbe d'autres pertes financières, notamment en remboursant l'université pour ses dépenses encourues.
La LNH avait accepté de verser un total de 3 millions $ - en plusieurs paiements - pour louer le Michigan Stadium. Un paiement de 250 000 $ devait initialement être fait vendredi.
Cette annulation semble renforcer la perception à l'effet que la lutte syndicale entre la ligue et les joueurs n'est pas près de se terminer.
Le Comerica Park, domicile des Tigers de Detroit, devait accueillir le Festival d'hiver Hockeytown et le match entre anciens joueurs de la LNH. Ces événements ont également été annulés à cause du lock-out.
Des pertes énormes
La perte de revenus est énorme, non seulement pour la ligue, qui prévoyait engranger 15 M$, mais également pour la région de Detroit. C'est un apport économique de 75 M$ qui vient d'être reporté d'un an pour l'environnement de la Ville de l'automobile.
Avant même l’annonce officielle, les principaux acteurs de l'événement en parlaient déjà au passé. «C’est définitivement une grande déception», a notamment témoigné le gardien des Red Wings de Detroit, Jimmy Howard, à ESPN.
Howard anticipait une véritable partie de plaisir avec parents et amis parmi les 115 000 spectateurs attendus à l’événement devant opposer son équipe aux Maple Leafs de Toronto au stade de football de l’Université du Michigan, à Ann Arbor.
La ligue espérait établir une nouvelle marque d'assistance. Les équipes de hockey des universités Michigan et Michigan State ont attiré une foule record de 104 173 spectateurs en 2010.
Darche : «Ça fait partie de leur stratégie»
Loin de l'enthousiasme généré par la perspective de participer à l'événement, un son de cloche bien différent émanait toutefois du représentant de l’Association des joueurs, Mathieu Darche. Aux yeux de l’ancien du Canadien, la Classique pourrait bien vite être ressuscitée.
«S’ils la cancellent, ca fait partie de leur stratégie (aux négociateurs de la partie patronale). Je ne serais pas 100% surpris que si on a une entente prochainement, ils reviennent puis nous disent : ah! on peut la jouer. Moi, j’en prends et j’en laisse un petit peu», a-t-il déclaré à Martin McGuire dans une entrevue qui sera entendue dans le cadre de l’émission Les Amateurs de Sport, vendredi soir.
Quand il dit en prendre et en laisser, c’est que Darche est habitué au langage employé à la table de négociations. «Ça me fait rire un peu, le terme partenaires. Si on était des partenaires, on prendrait des décisions ensemble et c’est pas ça qui se passe.»
Somme toute, les deux camps en sortent perdants. «Indirectement, on est touchés par ça aussi parce que les revenus, on prend un pourcentage de ça», note Darche.
Un rapport contradictoire
Plus tôt, un autre reportage laissait croire que Gary Bettman avait en tête une autre date butoir.
La LNH ne prendrait pas la décision de se priver de cette importante source de revenus avant le 15 novembre, selon la livraison de vendredi du quotidien torontois The Globe And Mail.
Des sources proches du commissaire et de son adjoint Bill Daly avaient indiqué au journaliste David Shoalts que cette date était la dernière limite possible au-delà de laquelle les préparatifs ne pourraient être complétés à temps pour le rendez-vous du Nouvel an.
(Avec ESPN, The Globe And Mail et Associated Press)



