La confiance de Darche s'amenuise

Publié par Bruno Gauthier pour 98,5fm Sports le mercredi 05 septembre 2012 à 21h51. Modifié par Charles Payette le mardi 29 janvier 2013

(98,5 Sports) - Malgré lui, Mathieu Darche goûte déjà à son après-carrière, alors qu'il épaule le directeur de l'Association des joueurs, Donald Fehr durant les négociations de la nouvelle convention collective.

Impliqué au sein du comité de négociations depuis la fin juin, alors que l'ancien défenseur Mathieu Schneider lui a proposé de se joindre au groupe, Darche répète l'expérience après l'avoir fait lorsqu'il évoluait dans la Ligue américaine.


Joueur autonome sans compensation... et toujours sans contrat, l’ancien étudiant de l’Université McGill en marketing et commerce international est déçu de la tournure des évènements, puisqu’il n’y a pas eu de contacts entre les joueurs et les propriétaires depuis vendredi dernier.


D'un optimisme naturel, il lui est difficile d'évaluer les chances de voir les joueurs sur la patinoire à temps pour le début de la saison, prévue le 11 octobre aux quatre coins de l'Amérique.


«Mais tant qu'il ne sera pas minuit et une, le 15 septembre, il ne sera pas trop tard puisque les camps commencent le 21. Dès que les avocats rédigeront les contrats, les joueurs seront sur la patinoire pour les camps d'entraînement.»


«Ça allait bien jusqu'à vendredi dernier, a confié au micro de Bonsoir les sportifs mercredi soir l'ancien attaquant du Tricolore. Malheureusement, nous ne parlons que de pourcentages (de redevances) depuis près de deux semaines.


«Comme nous l'avons proposé vendredi, il serait peut-être bien de laisser tous ces chiffres de côté pour progresser sur d'autres dossiers. Mais, ils ne veulent rien savoir et ne veulent pas passer à autre chose entre-temps», a-t-il ajouté.


Proposition inacceptable


Souhaitant illustrer la position des joueurs, Darche précise d'abord que l'Association n'est pas «gourmande», mais cherche plutôt protéger ses acquis.


«La Ligue est intransigeante. Elle veut aider les équipes en difficulté et nous le voulons également, mais l'aide ne doit pas seulement venir de la part des joueurs.


«Si les propriétaires veulent revenir en arrière sur nos acquis, à l'inverse, on peut le faire nous aussi, estime-t-il. Alors, pourquoi ne pas mettre fin au plafond salarial, s'ils veulent couper notre part des revenus? Ça devrait pouvoir fonctionner des deux côtés, ce qui n'est pas le cas présentement. C'est là que ça accroche.


«J'utilise souvent l'exemple d'un gars comme Vincent Lecavalier, qui a obtenu un salaire de 10 millions par année. C'est un propriétaire qui lui a accordé ça. Pourquoi Vincent devrait accepter une baisse de salaire de 20 pour cent? Le contrat initial a été signé en bonne et due forme, et personne n'a forcé Vincent d'accepter avec un fusil sur la tempe.


«Je comprends qu'il y a des gens qui vont dire, pauvre gars, juste huit millions... Mais personne n'a forcé les propriétaires à donner ces salaires-là. Ce sont eux qui ont accepté de le faire. Comme ils ne semblent pas vouloir faire de concessions, il faut savoir tracer la ligne et la respecter.»


Chance unique


Sachant trop bien qu'une saison perdue signifierait la fin de sa carrière, tout comme celle d'un joueur comme Francis Bouillon qui vient de parapher un contrat d'une saison à Montréal, l'ancien numéro 52 jure que ses collègues souhaitent intensifier les négociations pour sauver la prochaine campagne.


Justement, aux côtés des bonzes de la Ligue et du comité de négociations, Darche prend rapidement du galon dans ce qui pourrait être sa seconde carrière, ce qui ne lui déplaît pas.


«C'est une belle expérience, car nous négocions présentement une convention de plus de 3 milliards de dollars. J'ai souvent dit que je voulais travailler dans ce milieu-là après ma carrière. C’est maintenant ma chance.


«Il n'y a pas de cours qui me fournirait l'éducation que je reçois de gars comme (le vice-président de l'Association des joueurs) Donald Fehr et (le commissaire de la LNH) Gary Bettman», répète depuis quelques semaines celui qui multiplie les entrevues pour informer les partisans de l’évolution de la situation.


Malgré leur confrontation à la table des négociations, l‘athlète de 35 ans souligne les qualités de Bettman. «Souvent, j'entends les gens critiquer les décisions de la Ligue, mais s'il a passé 20 ans à la tête du circuit, ce n'est pas parce qu'il est un idiot, illustre-t-il. Il est un homme dur lors des négociations, et c'est une personne très intelligente qui fait bien son travail.


«C'est la même chose pour Donald (Fehr). Il est extrêmement brillant et ce fut une bonne chose (son arrivée), après toute la zizanie qui s'était installée dans l'Association des joueurs. C'est un grand négociateur, et je ne peux que m'estimer chanceux de pouvoir côtoyer ces hommes.»

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