* EXCLUSIF * « Jacques Martin n'aimait pas les hommes forts » -Georges Laraque
(CKAC Sports) - Georges Laraque a livré sa première entrevue depuis le jour où il a été libéré par le Canadien. Laraque avait alors dit qu'il aurait plus tard des choses à révéler sur son association avec le Tricolore.
Les dirigeants du Canadien avaient d'ailleurs averti Laraque, une heure avant son point de presse de janvier dernier, de rester sobre dans ses déclarations puisqu'il était encore sur la liste de paie de l'équipe. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Toujours en quête d'un poste dans la LNH la saison prochaine, l'homme fort a d'abord spécifié à l'animateur Jean-Charles Lajoie qu'il ne voulait pas livrer le fond de sa pensée quand le Canadien était encore en action dans les séries afin de ne pas voler la vedette à une équipe qu'il a continué d'encourager même après son renvoi. Laraque pouvait maintenant revenir sur son association tumultueuse avec le Canadien avec l'esprit tranquille puisque l'équipe a racheté son contrat à la fin juin. Il a joué ici pour moins d'argent « Je dois revenir au début de mon association avec le Canadien. J'étais joueur autonome il y a deux ans et une dizaine d'équipes voulait mes services. On m'offrait plus d'argent pour aller joueur ailleurs mais je savais que ma famille et mes amis n'avaient pas eu la chance de me voir jouer. Ma mère voulait absolument que je vienne jouer ici. » Le mariage Laraque-Canadien est parti sous de mauvais auspices alors que les amateurs ont cru qu'il s'était présenté en mauvaise forme à son premier camp à Montréal. « À ma première saison, j'ai eu 9 combats en 30 matchs, c'est plus que la moyenne pour un homme fort. J'ai souffert d'une hernie discale durant la saison, pas avant, a dit Laraque pour convaincre les amateurs qui croient que le CH avait alors fait l'acquisition d'un joueur blessé. Les gens avaient vu par la suite comment j'avais bien joué contre Boston en séries et ils étaient confiants de me voir bien performer par la suite. » « Carbo ne communiquait pas avec ses joueurs » Après la grosse saison sous les ordres de Guy Carbonneau, le navire a pris l'eau l'année suivante et selon Georges Laraque, il n'y avait plus de contact entre les joueurs et l'entraîneur. « Je n'étais pas content de mon rôle et la seule façon d'avoir des réponses, c'était d'aller voir Bob Gainey. Comme moi, des gars comme Koivu et Kovalev ont dû aller voir Gainey parce que Guy (Carbonneau) ne communiquait pas avec ses joueurs. Quand tu ne peux pas parler au coach, l'autre personne que tu peux voir, c'est le directeur général. Je lui ai demandé de m'échanger s'il croyait que mon rôle n'était pas important et il m'a dit qu'il parlerait à Guy. C'était le seul moyen de se faire entendre par Guy qui n'était jamais disponible pour parler. » Laraque a aussi indiqué qu'il ne pouvait jamais savoir de la bouche de l'entraîneur s'il allait être en unifome le soir d'un match. « On devait aller voir sur les sites internet pour savoir si on jouait. C'était ridicule. La journée même, tu sais qui va jouer, pourquoi ne pas le dire aux joueurs concernés ? Le vestiaire était divisé et il y avait des clans. Mais avec les joueurs que Gainey est allé chercher, les Gomez, Cammalleri et autres, je croyais vraiment qu'on irait loin quand Jacques Martin a été nommé comme entraîneur. » « Jacques Martin n'aimait pas les hommes forts » Laraque a rapidement déchanté quand certaines de ses connaissances l'ont mis en garde contre la philosophie du nouvel entraîneur-chef de l'équipe. « André Roy m'a dit que Jacques Martin n'aimait pas les hommes forts et il m'a dit que je n'allais pas durer 30 matchs avec lui. Il avait raison car je n'ai pu jouer mon rôle. Je jouais de moins en moins. Je n'ai jamais dit un mot plus haut que l'autre et les dirigeants ne m'ont jamais rencontrés ou ne se sont jamais plaints de mon comportement ou de mon jeu. Jacques Martin ne voulait pas que j'aille défendre un coéquipier même quand je lui demandais. Je demandais même à Kirk Muller d'effectuer une présence. Lors d'un match à New York où on se faisait brasser, l'entraîneur m'avait dit: "C'est pas grave, le match est fini". Il a même dit aux médias après le match que j'avais eu ma chance. J'étais déjà parti quand il a dit ça et j'ai compris pourquoi les gens étaient fâchés contre moi. » Contre Saint Louis la veille de son renvoi « La veille que j'ai été libéré, les Blues ont mis leur homme fort Cam Jenssen dans l'alignement et je ne sais pas si vous vous souvenez, il est entré en collision avec Carey Price et il s'est même battu avec lui. À Pittsburgh, Michel Therrien aimait composer avec le travail des hommes forts. Après un incident, je me retournais et je lui demandais "Envoie moi sur la glace". Il souriait et il m'envoyait. Ce n'était pas le cas avec Jacques Martin. Il a dit en entrevue qu'il ne croyait pas aux hommes forts, qu'il n'y avait plus de place pour eux dans la LNH. Regardez bien Gaborik l'an prochain avec Boogard pour le protéger chez les Rangers. Il va pouvoir marquer ses 50 buts tranquille. Boston Toronto, Ottawa sont toutes des équipes physiques. Ils ne penseraient pas jouer une saison sans homme fort. À Montréal, on n'y croit pas et les petits joueurs se font brasser. » Une distraction et le manque au code des joueurs Quand il a été libéré par le Canadien, Bob Gainey a dit de Georges qu'il constituait une distraction pour l'équipe et qu'il avait manqué au "code de l'équipe". « Au camp, j'ai dit que je ne faisais plus d'entrevues. Comme ça les gens ne pourraient dire que j'étais une source de distraction. Je ne faisais plus d'entrevues, je travaillais fort et les gens sont assez intelligents pour savoir quels joueurs étaient des distractions dans cette équipe. Je n'étais pas de ce groupe. De dire que je ne respectais pas le code, c'était pas correct, ce n'est pas moi qui ne voulais pas aller sur la glace ou qui ne voulais pas défendre mes coéquipiers. Je n'a jamais été le genre à ne pas dire ce que je pensais. J'ai du caractère et il n'y a personne de plus fâché que moi de la façon que s'est terminé mon séjour avec l'équipe », a dit l'ancien du Canadien. Il a aussi spécifié que la fin de saison du Canadien avait beaucoup modifié la perception des amateurs à propos du personnel en place au sein de l'équipe. « Grâce à sa performance, Jaroslav Halak a sauvé beaucoup de jobs parmi les joueurs du Canadien. Il y en a plusieurs qui devraient aller lui dire merci. » Je signerais de nouveau avec le Canadien Georges Laraque ferait-il quelque chose de différent s'il revenait jouer à Montréal ? « J'ai eu du succès à Edmonton et Pittsburgh. Pourquoi je n'aurais plus voulu me battre et connaître du succès ici devant ma famille et les partisans. Je n'avais plus la chance de jouer et de régler le compte des joueurs qui brassaient nos joueurs, c'est tout. J'étais là pour un contrat de trois ans. Dave Morissette a joué une dizaine de matchs et il a été un dieu à Montréal. De dire que je ne voulais pas me battre ou protéger mes coéquipiers, j'aurais vraiment été fou de ne pas le faire. Je voulais le faire. Si c'était à refaire, je retournerais à Montréal. C'était vraiment le fun de venir ici et je resignerais n'importe quand. Dans le fond, il y a eu plus de positif que de négatif et j'ai toujours senti les gens derrière moi », a résumé l'homme fort en exclusivité à l'émission Solide comme le rock, à CKAC Sports. Laraque a inscrit un but deux passes et 28 minutes de pénalité, en 28 matchs avec le Canadien la saison dernière. Il a joué pour les Penguins, les Coyotes et les Oilers, l'équipe qui l'a repêché en 1995 (2e choix -31e au total). Il a disputé 12 saisons dans la LNH.


