Les offres passent, le fossé reste
NEW YORK - Même si la LNH et l'Association des joueurs s'entendent maintenant sur ce que sont des revenus générés par le hockey, les deux parties n'ont toujours pas trouvé la façon de séparer l'argent provenant de ces activités.
On en parle en ondes :
Alors qu'il ne reste que trois jours pour ratifier un nouveau contrat de travail avant que le commissaire de la LNH Gary Bettman ne mette à exécution sa menace de mettre les joueurs en lock-out pour la deuxième fois en huit ans, la ligue et le syndicat se sont échangé de nouvelles offres, mercredi.
Les propriétaires n'étaient pas particulièrement satisfaits de la nouvelle offre déposée sur la table - Bettman précisant même qu'elle n'était pas tellement différente des précédentes - et ils ont finalement décidé de présenter une contre-offre, qui aurait été concoctée très rapidement mercredi, selon le commissaire.
Pour la première fois depuis le début des négociations, Bettman, a clairement indiqué que les propriétaires ne demandaient pas de «réductions salariales». La LNH avait demandé, dans sa proposition initiale, de réduire les salaires des joueurs de 24%.
L’offre de Fehr
Le directeur exécutif de l'AJLNH, Donald Fehr, qui prenait la parole pour la deuxième fois mercredi avant une réunion avec plusieurs centaines de joueurs, n'a pas été impressionné par la contre-offre, lui non plus.
«Nous n'avons pas présenté une offre qui concordait avec celle des propriétaires, a dit Fehr. Nous n'avons pas demandé de retourner à l'époque où il n'y avait pas de plafond salarial. Nous avons dit:
«Regardez, il existe un écart significatif entre les revenus des équipes, et en reconnaissant cela, nous pensons qu'il existe une façon de corriger ce système afin que nous ne retombions pas dans le même piège encore et encore.
«Si vous observez ce qui s'est passé dans tous les sports où le plafond salarial a été instauré... peu importe le sport, et la situation économique n'a pas d'importance, la proposition est toujours la même: les joueurs devront gagner moins d'argent, et s'ils ne le font pas ils seront mis en lock-out. C'est triste, mais c'est dans ce genre de monde-là qu'on vit.»
Un ultimatum lancé par Bettman
Quelques heures après que les joueurs eurent déposé leur offre mercredi matin, les propriétaires y ont été de la leur. L'offre comprend une augmentation de la part des revenus qu'auraient les joueurs, à qui on en proposait 46 pour cent, dans l'offre précédente. Ils reçoivent en ce moment 57 pour cent des revenus.
Bettman n'a pas voulu chiffrer l'augmentation de pourcentage qui serait accordée aux joueurs. Il a ajouté que dans le but de simplifier les choses, on ne changerait pas ce qui est considéré comme revenus liés au hockey, soit les revenus à partager entre les joueurs et la ligue, en vertu de la convention collective.
Selon une source, les joueurs mettraient la main sur 49 pour cent des revenus durant la première année, pour ensuite voir leur portion réduite à 47 pour cent au fil d'une entente de six ans.
Bettman et deux propriétaires, soit Jeremy Jacobs, des Bruins, et Murray Edwards, des Flames, ont formulé la proposition en réponse à une offre faite plus tôt dans la journée par les joueurs, qui contenait toutefois un ultimatum.
«Nous avons clairement établi lors de la présentation de cette offre qu'elle devait mener à la conclusion d'une entente d'ici le week-end, a mentionné Bettman, après une rencontre de près de trois heures, et si un accord n'est pas conclu, alors ce que nous avons déposé sur la table sera retiré. Nous avons été très clairs à ce sujet.»
Le contrat de travail actuel se termine à minuit samedi, après quoi la LNH dit qu'elle va retirer l'offre et décréter un lock-out.
Plus tôt mercredi, Fehr avait dit que sa nouvelle proposition s'inscrivait dans la même lignée que la précédente, en ajoutant toutefois que les joueurs étaient ouverts à obtenir un pourcentage plus faible des revenus.
Il n'y avait pas eu d'échanges formels depuis le 31 août. Le commissaire adjoint de la ligue, Bill Daly, avait dit s'attendre à ce que les joueurs fassent part de leur agenda ou livrent un message, à défaut de faire une proposition.
Environ 300 joueurs se sont réunis mercredi. Le bureau des gouverneurs de la LNH tiendra de son côté une rencontre jeudi.
Pas de pourparlers en vue
À ce stade-ci des négociations, on ignore comment les deux parties peuvent en venir à une entente d'ici 23h59 vendredi.
Fehr a répété sans arrêt que les joueurs voulaient poursuivre les pourparlers au-delà de samedi sans être placés en lock-out, mais a dit être conscient des conséquences si jamais une entente n'est pas conclue d'ici là.
«Il ne devrait pas y avoir de pourparlers dimanche, ou lundi, ou mardi, ou mercredi ou les jours suivants (avant l'ouverture des camps d'entraînement), a confié Fehr. Nous considérons cette date limite comme étant inévitable, ils disent qu'elle est inévitable, et je suis prêt à croire Gary sur cet enjeu. Il n'y a pas de raison de ne pas le faire.
«Je voudrais juste rappeler à tout le monde qu'un lock-out est un choix - il n'est pas obligatoire.»




