Les trois conflits de Gary Bettman
(98,5 Sports) - La Ligue nationale de hockey semble destinée à vivre un troisième lock-out en moins de deux décennies sous la gouverne de Gary Bettman, cet automne. À quoi peut-on s'attendre une fois que les différends opposant joueurs et dirigeants seront réglés?
Pour répondre à cette question, le quotidien USA Today a répertorié les principaux changements occasionnés par les conflits de travail précédents. Voici les observations qu’en tire la publication américaine.
La taxe de luxe rejetée…
Le 20 janvier 1995, après 103 jours d’arrêt de travail, la LNH entreprend une saison écourtée à 48 parties. Avant le conflit, le salaire moyen était passé de 271 000 $ en 1990-91 à plus du double, 572 000 $, en 1993-94. Pour freiner cette escalade, la LNH proposait l’adoption d’une taxe de luxe, à laquelle le directeur exécutif de l’Association des joueurs, Bob Goodenow, s’opposait fermement.
Une fois la paix rétablie, la taxe de luxe est mise de côté, remplacée par un plafond salarial pour les recrues (mesure qui ne touche pas les bonis), tandis que l’accès à l’arbitrage salarial n’est permis qu’au terme de cinq ans et celui à l’autonomie complète ne peut être accordé avant l’âge de 31 ans. Tout cela n’empêchera pas les salaires de grimper, jusqu’à une moyenne de 1,8 million $.
Parmi les autres nouveautés apportées par cette signature de convention collective, notons la participation des joueurs de la LNH aux Jeux olympiques et une expansion des cadres qui verra naître quatre nouvelles équipes.
… puis ramenée sur le tapis…
Le 16 février 2005, la LNH devient la première ligue professionnelle nord-américaine à annuler une saison entière en raison d’un conflit de travail. Celui-ci ne sera réglé qu’au bout de 301 jours de lock-out, le 13 juillet suivant, permettant à la saison 2005-2006 de prendre son envol dans les délais normaux.
Cette fois, les propriétaires prétendent avoir subi des pertes de 273 millions $ en 2002-2003. Ils ramènent donc l’idée du plafond salarial à la table de négociations, tout en proposant aux joueurs une baisse de rémunération globale de l’ordre de cinq pour cent. Les conditions d’entrée des nouveaux joueurs et la fameuse taxe de luxe font aussi partie des sujets chauds de discussions.
Au dénouement de la confrontation, un plafond salarial est instauré à 54 pour cent des revenus, avec la possibilité de hausser la barre à 57%. On ajoute également des notions de plancher salarial, de plafond pour les bonis versés aux recrues et de limitation des salaires à 20% du plafond salarial.
Au bout du compte, les joueurs encaissaient une perte de rémunération de l’ordre de 24%. Mince consolation, ils pouvaient en retour marchander leurs services aux plus offrants à partir de l’âge de 27 ans.
Quant à la taxe de luxe, elle est encore une fois passée sous le tapis.
… et finalement changée de camp !
Toutefois, les équipes ont trouvé un moyen de contourner les règles du plafond salarial en dépréciant la valeur des dernières années d’un contrat à long terme. Aussi, les revenus du circuit, malgré ses nombreuses équipes en difficultés, ont fait un autre bond prodigieux, passant de deux à trois milliards de dollars.
Le résultat de l’exercice a vu le plafond salarial haussé de 39 M$ la première année à 70,2 M$ aujourd’hui. Mais c’est surtout la remontée tout aussi vertigineuse du plancher salarial qui met en danger les équipes les moins fortunées. Pour contrer ce méfait, la LNH propose de baisser la part des joueurs de 57% à 46%.
Pis encore, les joueurs estiment que la méthode de calcul des dirigeants ne laisse aux patineurs qu’une part de 43%. Pour rétablir un calcul plus juste de la part qui leur revient, la contre-proposition des joueurs introduit un programme de… partage des revenus entre les équipes. Autrement dit, ce sont eux qui affectionnent maintenant le principe de la taxe de luxe.
Retour à la case départ… avec les rôles inversés.
(Avec le USA Today)



