Conn Smythe: quand la LNH joue à qui perd gagne
(98,5 Sports) - Gagne ou perd, Jonathan Quick se veut un sérieux candidat au trophée Conn Smythe.
Même si les Devils du New Jersey remontaient la pente et décrochaient la coupe Stanley, les chiffres compilés par le gardien des Kings de Los Angeles pourraient lui valoir le trophée de joueur le plus utile à son équipe dans les séries.
Quick domine les gardiens avec une moyenne de 1,44 but accordé par partie et un taux d’arrêts de ,947. S’il devait être couronné malgré la défaite de son équipe en finale, il deviendrait le sixième joueur, dont le cinquième gardien, à obtenir pareille distinction.
Ce serait aussi la deuxième fois que les Devils subiraient pareil sort, ayant conquis la coupe mais cédé le trophée au gardien Jean-Sébastien Giguère, des Ducks d’Anaheim, en 2003.
Ce ne serait toutefois pas un record, le Canadien ayant vu trois rivaux vaincus lui damer le pion pour l’honneur individuel, soit les gardiens Roger Crozier, des Red Wings de Detroit, en 1966, et Glenn Hall, des Blues de Saint Louis, en 1968, de même que l’ailier droit Reggie Leach, des Flyers de Philadelphie, en 1976.
Ce dernier avait inscrit 19 buts dans les séries, un record qui tient encore aujourd’hui, n’ayant été égalé que par Jari Kurri, des Oilers d’Edmonton, en 1985.
Les Flyers sont par ailleurs les seuls à compter deux vainqueurs sans coupe Stanley la même année, le gardien Ron Hextall complétant le palmarès avec le trophée de 1987.
Puissance au centre
Si les gardiens sont le plus souvent couronnés sans goûter à la victoire d’équipe, ils ne dominent pas pour autant le scrutin général. Un couronnement de Quick ou de Martin Brodeur cette année leur permettrait de rompre l'égalité avec les joueurs de centre au sommet de la pyramide.
Le décompte par position va comme suit : 15 centres, 15 gardiens, 9 défenseurs et 7 ailiers.
Le Canadien, qui compte un nombre record de neuf récipiendaires (en douze conquêtes de la coupe Stanley depuis l’attribution du premier trophée Conn Smythe en 1965), devance largement ses plus proches rivaux, les Red Wings (cinq honorés), les Oilers et les Islanders de New York (quatre chacun).
Le Tricolore est ainsi seul à revendiquer au moins un lauréat à chaque position : Jean Béliveau au centre (1965), Bob Gainey à l’aile gauche (1979), Yvan Cournoyer et Guy Lafleur à l’aile droite (1973 et 1977), Serge Savard et Larry Robinson à la défense (1969 et 1978), ainsi que Ken Dryden et Patrick Roy devant le filet (1971, 1986 et 1993).
Le Roy Patrick
Roy est le monarque absolu, ayant ajouté une troisième décoration avec l’Avalanche du Colorado en 2001. Il est suivi de Wayne Gretzky, Mario Lemieux, Bobby Orr et Bernard Parent, avec deux trophées chacun, seuls ceux de Parent et de Lemieux ayant été décrochés sur deux années d’affilée.
Qui donc a devancé Gretzky lorsqu’il a gagné ses deux autres coupes Stanley? Hextall en 1987 et Mark Messier en 1984. La Merveille se reprenait avec une récolte record de 47 points (17 buts, 30 aides) et un sommet de plus 28 au différentiel de buts en 1985. Il revenait à la charge avec 43 points (12-31) et un modeste rendement de plus 9 en 1988.
Une dernière question nous ramenant à l’actualité pour terminer: qui fut le premier joueur des Devils à décrocher ce trophée? Il s’agit d’un ancien du Canadien, Claude Lemieux, qui avait amassé 13 buts et trois aides, en plus de cumuler un différentiel de plus 12 en 1995.



