La FIFA doit rendre public un document identifiant les dirigeants fautifs

Publié par Associated Press le mercredi 11 juillet 2012 à 12h33.

GENÈVE - Le scandale des ristournes qui mine la réputation de la FIFA depuis 2001 a fait un pas de plus vers sa résolution, mercredi.

La Cour suprême suisse a ordonné la divulgation d'un document dans lequel sont identifiés les dirigeants de la fédération qui ont reçu des millions de dollars en paiements illicites de l'agence ISL, le partenaire marketing de la FIFA jusqu'à sa retentissante faillite, il y a 11 ans.

Le tribunal a indiqué qu'un panel de cinq juges a statué qu'il est de l'intérêt public pour cinq groupes de médias d'obtenir une copie d'un arrangement autorisé par la Cour cantonale de Zoug et qui a mis fin à une enquête criminelle dans le dossier ISL en mai 2010.

La Cour a indiqué dans un communiqué que les «noms des personnes concernées, ainsi que les circonstances personnelles et financières prises en considération par les autorités doivent également être divulgués aux reporters».

L'ex-président de la FIFA Joao Havelange et son ex-gendre Ricardo Teixeira sont fortement soupçonnés d'être ces dirigeants qui en ont appelé devant le plus haut tribunal de Suisse afin qu'il bloque la publication de ce document de la cour de Zoug, qui révèle quels dirigeants ont repayé 5,5 millions de francs suisses (5,7 millions $ CAN) à condition que leur identité ne soit pas révélée.

La FIFA a publié un communiqué dans lequel elle indique être «ravie que l'ordre d'annulation des procédures dans le dossier ISl puisse enfin être rendu public».

La fédération internationale a aidé à l'obtention de cet accord à l'époque et a été partie prenante de plusieurs appels pour bloquer la publication de ce document jusqu'à ce qu'elle se retire du dossier en décembre dernier.

Le président de la FIFA, Sepp Blatter, a déclaré en octobre dernier qu'il désirait que ce document soit divulgué alors même que son organisme tentait toujours d'empêcher les journalistes d'y avoir accès.

Bien qu'on soupçonne que le nom de Blatter se retrouve dans ces 41 pages puisqu'il a longtemps été le secrétaire général de la fédération à l'époque où ISL contrôlait la vente des droits de diffusion de la Coupe du monde, il n'est pas soupçonné d'avoir reçu des versements illicites.

Malgré tout, le dossier ISL a porté ombrage à ses 14 ans à la présidence et de mettre fin à ce dossier vient en tête de liste de ses promesses pour améliorer l'image et la gouvernance de la FIFA.

Les cinq groupes médias, dont le reporter du Handelszeitung Jean-François Tanda et la BBC, veulent établir que des dirigeants du football international ont obtenu des traitements préférentiels aux yeux de la loi suisse et vérifier si d'autres dirigeants étaient au courant de ces versements.

Les journalistes avaient remporté une première bataille en décembre dernier, quand une cour de Zoug avait établi que la divulgation du document était de l'intérêt public. Les deux dirigeants, identifiés «B2» et «B3» dans le jugement, ont alors porté la cause en appel devant la cour fédérale.

Havelange a été président de la FIFA pendant 24 ans avant que Blatter ne lui succède, en 1998. Le Brésilien de 96 ans, qui demeure président honoraire de la fédération, a reçu des traitements dans un hôpital de Rio de Janeiro plus tôt cette année pour une infection bactérienne.

Il a démissionné de son poste au CIO après 48 ans, en décembre dernier, en raison de problèmes de santé quelques jours seulement avant que le Comité international olympique ne le sanctionne à la suite de sa propre enquête sur l'affaire ISL.

Teixeira a quant à lui démissionné plus tôt cette année de son poste de président de la Fédération brésilienne de football et du Comité organisateur de la Coupe du monde de 2014 — en plus d'abandonner son siège au Comité exécutif de la FIFA — en raison de problèmes personnels et de santé non divulgués.

Le scandale ISL découle de versements présumés de plusieurs dizaines de millions de dollars effectués à des dirigeants sportifs par l'agence de marketing suisse avant qu'elle ne s'effondre avec des dettes de plus 300 millions $.

La corruption commerciale n'était pas un crime en Suisse à l'époque. Six anciens cadres d'ISL ont été cités à procès en 2008 et ont été blanchis de toutes les accusations de fraude.

Dans les preuves alors déposées en cour, le Paraguayen Nicolas Leoz, membre du Comité exécutif de la FIFA et actuel président de Confédération sud-américaine de football, a été identifié comme ayant reçu deux versements de la part d'ISL pour une somme totale de 130 000 $ US en 2000.

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